L. Peychaud
Madame veuve Pédesclaux,
Clerc.
Julien Calvé.
Baronne d’Abbadie de Villeneuve de Durfort,
LE MUSÉE GREMAILLY. 151
MM. E. Féret et Th. Malvezin, dans leur ouvrage sur Bordeaux et le Médoc, font remarquer avec raison que Ja classification des vins, comme toutes les choses humaines, est sujette aux lois du temps, et doit être rajeunie et mise au niveau du progrès. Les crus, en changeant de propriétaires, peuvent souvent être modifiés; tel domaine, négligé par un propriétaire insouciant ou obéré, peut donner de meilleurs produits s’il devient la propriété d’un homme intelligent et riche; tel autre cru, mal soigné, perdra sa réputation. D’autres circonstances peuvent aussi modifier en bien ou en mal la qualité du vin, telles que l'emploi des engrais, l'extension donnée à un vignoble par des acquisitions de vignes ou de plantations nouvelles, l’introduction de divers cépages. La classification dont nous avons donné le tableau remonte à 1855, et, depuis vingt-deux ans, bien des modifications apportées dans les grands crus du Médoc et dans les bourgeois réclament la révision de ce travail.
Le commerce et le consommateur y Sont aussi intéressés pour maintenir la qualité des vins, que peut l’être le propriétaire désireux d’avancer d’un degré dans la hiérarchie vinicole.
On tomberait dans l’erreur la plus complète, si l’on considérait comme dépourvus de qualité les vins qui ne sont pas compris dans la catégorie des grands crus classés. Les vignobles non classés donnent d’excellents vins, quoique moins délicats et moins aristocratiques.
Les prix des bourgeois supérieurs ne s’éloignent pas tres-sensiblement de
ceux des cinquièmes crus, et la gradation descend jusqu'aux paysans du bas Médoc.
M. Gremailly nous communique la liste des récompenses qui ont été accordées aux vins du Médoc par le jury de l'Exposition universelle de Paris en 1867.
En 1855, le jury avait accordé des médailles de première classe aux trois premiers crus : Margaux, Latour, Laffitte, et des médailles de deuxième classe aux seconds crus : Beaucaillou, Larose, Léoville, Cos-d’Estournel, Mouton et Durfort-Vivens. D’autres, Beychevelle, Calon-Ségur, la Tour- Carnet et Palmer, avaient recu des mentions honorables.
En 1867, un plus grand nombre de crus prirent part au concours.