‹ La vigne [microforme]Chapitre 17 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La vigne est sujette ici à deux misères. L'une dont j'ai déjà dit un mot est la moisissure, ‘ mildew,” en anglais, et appelé ‘ blanc ” par plusieurs. Il attaque surtout les vignes européennes importées, et aussi les vignes américaines cultivées dans des terrains bas et humides. Le premier remède est donc de ne pas mettre de vignes dans de tels endroits. Quant aux vignes qui en sont attaquées même dans les endroits élevés, on les traite au moyen du souffre en poudre appliqué au moment de la

F plus grande chaleur du jour, sur toute la Fig. 19—thrips. vigne, à l'envers comme à l'endroit des feuilles, aussitôt qu’on s'aperçoit de la présence de l'ennemi. On se sert généralement d’un soufflet pour appliquer ce soufre. Il faut répéter l’opération deux ou trois fois pendant la saison.

Un insecte appelé “ Thrip:” est aussi très-fatal à la vigne. Il est d'autant plus dangereux qu'il se développe dans les interstices de l’écorce, à l'intersection des branches, caché à l'œil, et ne laissant soupconner ses ravages que par l’affaiblis-

A au JADE, a

Fig. 20—seringue à soufflet.

sement de la plante qu'il épuise. La gravure 19 le représente grossi considérablement. Un lavage énergique avec une solution préparée avec du savon d'huile de baleine, savon que l'on peut se procurer chez tous les grainetiers, est le meilleur remède à employer contre cet insecte. Îl faut pratiquer ce lavage au moyen d’une seringue, afin que la solution s’insinue dans toutes les crevasses, et les interstices de la plante. La gravure 20 représente une seringue à souf-

flet, dont la simple inspection fera voir la commodité. On introduit la solution de savon dans le globe qui se trouve audessous de l’extrémité du soufllet, et on n’a plus qu’à faire jouer l'instrument pour produire un jet puissant qui pourchasse l’insecte partout où il est caché.

Comme la vigne est, très-exposée à être attaquée par los gelées hâtives d'automne, sous notre climat, je pense bien faire en indiquant un remède qui tend à pallier partiellement les dommages causés par la gelée. Il consiste tout simplenent à visiter, avant le lever du soleil, les vignes que l’on soupçonne avoir été atteintes par la gelée, et à les arroser avec de l’eau aussi froide que possible. Si l'atteinte n’est pas considérable, on ne s’apercevra d'aucun dommage après ce traitement.

En terminant, je dois dire que, dans la rédaction de cet article, j'ai puisé quelques renseignements dans certains ouvrages américains, tout en y apportant les modifications qu'exige notre climat. J'ai préféré m'en rapporter, pour le fond, à l'expérience de nos viticulteurs canadiens, et je crois présenter à m2s lecteurs un travail utile, basé sur des principes dont not a été le fruit de longues recherches faites par des horticulteurs modèles. Ayant moi-même cultivé un peu la vigne, j'ai pu me convaincre que les méthodes suivies dans notre province, et dont mon travail est le résumé, sont ce qu’il faut pour assurer le succès.

J. C. CHapais.

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