‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 28 sur 111 · SUD · texte numérisé non relu

SUD

gauche.

Intérieurement, cette construction forme

une vaste exèdre semi-circulaire (fig. 107), dont

la voûte n'existe plus, donnant sur une area découverte, entourée, sur trois côtés, de

portiques et ornée au centre de deux fontaines circulaires. Le fond de cette salle

originale est carré, mais elle s'étage en gradins en forme d'hémicycle (fig. 108) dont la

Fig. 106. — • Vue extérieure du Vestibule monumental A'

Fig. 107. — Vue intérieure du Vestibule monumental V.

86 LA VILLA HADRIANA

partie supérieure percée de lucarnes donne lumière à un corridor voûté B qui, par

Fig. 108. — Le Nympheum A.

quelques marches, descend à la salle dite des Piliers doriques [fig. 116). Dans ces ouvertures, M. Winnefeld dit avoir vu des tuyaux de plomb d'où l'eau se précipitait en nappe dans un large bassin dont l'intérieur est peint en bleu azur.

Le Vestibule, assez difficile à reconstituer, surtout dans ses parties hautes, avait des colonnes très élevées, proportionnées à la hauteur des murs de l'exèdre aimù qu'à la dimension des chapiteaux qui subsistent encore {fig. 355 et 356). Il était d'une extrême richesse ainsi que le prouvent les sty lobâtes de marbre veiné brun, les parois et les placages de marbre blanc ornés de

Fig. 109. — Fragment d'une frise en marbre provenant du nympheum a.

Fig. 1 10. — Dallage en marbres de couleurs, existant AU vestibule A'.

Fig. 111. — Salle D, adossée au monument M.

frises sculptées [fig. 109). Le dallage polychrome, dont nous donnons un spécimen (fig. 110),

Fig. 112. — Salles E, C, D et salle des Piliers doriques F.

Fig. 113. — Salle des Piliers doriques F.

LA VILLA HADRIAXA

était formé de marbres rares découpés en morceaux triangulaires, séparés par des filets

rouges de tons variés et extrêmement harmonieux.

De ce nympheum on entrait dans la salle des Piliers doriques. Nous la traversons

ainsi que la salle C pour visiter la pièce D {fig. 111), entourée sur trois côtés d'un portique soutenu par des colonnes de marbre vert antique avec stylobate de même matière. Au fond de la partie circulaire, une plate-forme, élevée de quelques degrés, a servi soit de suggestusk l'empereur, soit de baseà unestatue. Le mur absidal est orné de cinq niches, dont deux sont carrées. De cette place le monument offre une belle perspective et présente l'aspect d'une luxueuse maison gréco-romaine (fig. 112).

Sur cette salle s'ouvre une grande pièce G — un tablinum — flanquée, de chaque côté,

de deux corridors E — dont les portes ont été bouchées à une des extrémités.

FlG. Ni..

DlGLYPHES DE LA SALLE DES PlLIERS DORIQUES F.

FlG. Ho.

Piliers doriques de la salle F.

Fig. 116. — Salle des Piliers doriques F, vue du corridor 15.

De ce tablinum large, ouvert et orné de deux colonnes aujourd'hui disparues, on accède directement à une immense area mesurant 32m,20 X 23'", 20 (fig. 113) et entourée d'un vaste portique dont les colonnes rectangulaires, de différents modules et cannelées, sont à base ionique et à chapiteau dorique ; l'architrave était décorée de rosaces, de diglyphes et de triglyphes (fig. 114).

PALAIS IMPÉRIAUX DE LA RÉGION NORD-EST

Au bas des colonnes, on ne voit pas de chenal pour l'écoulement des eaux du toit ; ce qui a fait supposer à tort que cette salle était couverte. Sur la colonnade ionicodorique (fig. 115-11G), s'élevait une galerie supérieure peu élevée; sa voûte, dont les amorces sont encore adhérentes aux murailles, était soutenue par de courtes colonnes. Nous ne croyons pas que les murs supérieurs aient été percés d'ouvertures suffisantes pour donner de la lumière, comme cela a dû exister à la basilique de Pompéi; cette salle n'était donc pas couverte. Elle peut cependant avoir été un oecus égyptien, conforme à la description que Vitrine nous a laissée de ces sortes de pièces dont la forme rappelle certaines basiliques; elle rappelle aussi un péristyle faisant suite à un tablinum, avec galerie à deux étages, comme cela se rencontre à Pompéi.

La décoration de ce péristyle, où on avait prodigué le marbre, était somptueuse. Sur le sol gisent encore de nombreux débris de soffites et de revêtements en marbre blanc

Fig. 117.

Suffîtes de la salle des Piliers dokiques F.

Fig. 118. — Dallage d'entrecolonnement des Piliers doriques.

[fig. 117) provenant de l'architrave, ainsi qu'une suite de blocs de pierre taillés uniformément et placés jadis d'aplomb sur les colonnes ; leur coupe était conçue de façon à leur permettre d'emboîter les épais placages dont étaient formés les soffites et le revêtement de l'architrave.

Le sol, entre les colonnes, se composait d'un riche dallage en marbre polychrome, où le rouge et le jaune dominaient avec les noirs (fig. 118) ; la partie centrale, exposée à l'air et à la pluie, était aussi pavée en marbre.

Fig. 119. — Tmclinium d'été G.

Fig, 120 — Le Triclinium d'été G. Vue prise devant le bâtiment M.

PALAIS IMPÉRIAUX DE LA RÉGION NORD-EST

Une haute salle semi-circulaire, ou exèdre couverte G (fig. 119-120), est adossée à une pièce E. Elle est orientée au nord. Sans raison, Piranesi la complète en rotonde avec coupole. Les murailles en sont épaisses et creusées de niches dont l'une, celle du centre, plus profonde que les autres, formait une fontaine d'où l'eau, s'écoulant sur plusieurs marches, se déversait dans un canal en demicercle. Très large, le bord extérieur de ce canal servait peut-être de lit à un triclinium. Cette disposition rappellerait, en sens inverse, le triclinium avec bassin dont parle Pline et où flottaient des récipients légers en forme de navicelles et d'oiseaux. A gauche, subsistent quelques traces d'un petit banc semicirculaire.

Au milieu de ce groupe de constructions, une salle H, terminée par une petite exèdre, est entourée d'un couloir orné de riches mosaïques dont il reste un spécimen {fig. 330). De chaque côté de cette pièce H, qui ne semble pas avoir été close, d'autres salles I et J et des pièces de dégagement communiquent avec le péristyle aux piliers doriques; ces différentes chambres peuvent avoir vraisemblablement servi d'appartements d'été.

Fig. 121.

Page 1