SICVLVS
Roscher (au mot Belenus) croit celte inscription fausse.
ART ET NATURE
une ligne et épris de sa propre image. Cette statue, d'une élégance froide, caractérise assez l'époque d'Hadrien ; elle offre la même pose que celle du Bacchus du Musée des Thermes trouvée, comme elle, à la villa (p. 297) ; elle rappelle certainement l'Antinous plus nature du Musée de Naples ; mais ni la tête, ni la chevelure ne donnent l'impression de l'Antinous classique.
Fig. 484. — Buste colossal d'Antinous (la Rotonde, Vatican) (phot. Moscioni)
(Restaurations : Le nez et quelques éclats.)
On doit sans hésiter reconnaître Antinous dans le bas-relief de la villa Albani (hors texte, PI. VI), empreint, dit M. Helbig, de toute la sensualité et du sombre mysticisme de la victime impériale. Cette œuvre, une des plus caractéristiques de l'époque, unit à la précision des détails la mollesse des formes. De plus, ce bas-relief nous semble conçu dans un esprit particulièrement religieux. La couronne de fleurs que tient Antinous n'est pas
282 LA VILLA HADRIANA
antique, car la partie du fond à gauche est moderne. Athénée parle de certaines couronnes isthmiques dites d'Antinous et du lotus rose ou rouge que le poète Pancratès d'Alexandrie offrit à Hadrien pour le consacrer au favori; en effet, dans la partie antique, voisine de la couronne complétée, voyons-nous un détail qui, par sa nature, ne se relie en rien à la restauration. Nous serions portés à croire que cet Antinous présentait un lotus épanoui ou une couronne faite avec des lotus, mais non avec des fleurs quelconques. La pose du personnage a quelque chose de sacerdotal, et, en partie vêtu, il semble accomplir un acte religieux.
On connaît, du reste, des Antinous égyptiens absolument caractérisés et, comme tels, identifiés à Horus ou à Osiris. Il devint, nous le savons, l'égal des divinités d'Egypte et, à Antinoë, sous Clément d'Alexandrie, le culte d'Antinous existait encore.
La villa conservait trois représentations de l'Antinous égyptien : un buste restauré (fig. 560), provenant probablement de quelque statue (au Vatican, d'après Clarac); un autre buste (Lansdowne House) trouvé en 17G91; enfin (fig. 559), l'une des plus belles statues en marbre blanc de l'Antinous égyptien qui, vraiment ici, devient l'idole, d'aspect très religieux, sobre de lignes, mais dont le modelé profane des formes est pénétré d'un charme tout particulier (Vatican, Salles égyptiennes).