‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 99 sur 111 · Michaelis · texte numérisé non relu

Michaelis

LA VILLA HADRIANA

romains et alexandrins en marbre blanc, il faut ajouter une série considérable de statues en basalte noir et en granit, dont plusieurs sont de l'époque saïte ; d'autres sont des œuvres égyptisantes interprétées par des Romains; il en est même, suivant M. G. Benedite, qui

sont l'œuvre d'artistes égyptiens influencés par le goût romain. Nous devons à ce savant égyptologue de pouvoir présenter quelques remarques sur ces statues du Vatican provenant de la villa et dont plusieurs avaient été désignées à notre attention par M. Marucchi.

En premier lieu, de Sais provient la célèbre slatue Naophore; la tète et le bras gauche sont des restaurations italiennes [fig. 505) : ce personnage, appelé Ouzahorresnit , était revêtu des plus hautes dignités, ayant exercé, sous Amasis et son successeur Bammetik 111 (XXVIe dyn.), les fonctions d'amiral de la flotte royale. La longue

inscription gravée sur ce monument tend à montrer que, après avoir envahi tout au moins le Nord de l'Egypte, Cambyse se préoccupa de respecter le culte et les usages établis, et même de se faire initier au protocole religieux des rois, afin d'exercer le pouvoir de la même manière que les Pharaons.

Viennent ensuite trois Naophores agenouillés. L'un {fig. 566), prêtre d'Horus, appelé Pitebehou, avait le titre d'attaché au gouverneur du Palais et prophète de Neith. Un autre, commandant de la salle du Trône, officier du roi, était attaché à Neith, la divinité de Sais, etc. La troisième figure [fig. 567), dont quelques hiéroglyphes ornent seulement la base, a les bras et les mains dans la position d'un orante. De même genre est une statue agenouillée devant un cylindre {fig. 568). De l'époque saïte, nous connaissons encore deux figures debout en basalte noir, semblables dans leur attitude hiératique. La première est un portrait (fig. 509), la seconde (fig. 570) un prêtre de Ptah, ainsi que le prouve la représentation de ce dieu gravée sur le pectoral. Cette statue a subi de nombreuses restaurations : la tête, le bras gauche (peut-être aussi le

Fig. 560. — Buste de l'Antinous

ÉGYPTIEN, MARBRE BLANC (d'aPRES

Clarac).

Fig. 559. — Statue, dite l'Antinous égyptien,

en marbre blanc (musée égyptien dr vatican).

(Restaurations : Le nez, lesdeui lèvres, partie du vêtement, avant-bras droit avec main, tronc d'arbre.)

ART ET NATURE 311

droit), les jambes jusqu'à la hauteur des genoux. La figure gravée sur le pilier d'appui et marchant sur la demi-pointe n'est pas de pur style égyptien ; mais la statue est d'époque saïte. Ces statues hiéroglyphiques furent probablement rapportées de Sais, où se trouvaient des temples et des sépultures de Pharaons et un des tombeaux d'Osiris.

La série des statues égyptisantes dépourvues d'inscriptions et représentant des divinités isiaques et leurs prêtres offre un caractère particulier.

Tout d'abord, ce sont deux figures archaïsantes d'époque romaine, en basalte noir, que l'on peut supposer avoir été exécutées par des Gréco-Egyptiens: Isis (fig. 571) tenant, dans

Fig. 561. — Statuette de l'Isis romaine; marbre blanc (Vatican*, Ghiaramonti).

Fig. 562. — Statuette de l'Isis humaine; marbre blanc ( musée du capitole) (d'après Clara c).

(Restaurations : La main fauche et le vase, la main droite et uni' partie du bras ainsi que le sistre, l'extrémité du pied gauche.)

Fig. 363. — Buste colossal de l'Isis alexandrine ; marbre blanc (Vatican, Ghiaramonti).

(Restaurations : La (leur de lotus, dont l'existence esl pourtant certifiée par une cassure qui existe à la place en question, le nez, les lèvres.)

la main pendant le long du corps, Yank, symbole de vie, et la Heur de lotus légèrement en relief sur la cuisse, les yeux, vides aujourd'hui, étaient garnis de globes d'émail ; — Isis- Tykhè1 (fig. 572), inspirée d'une ancienne statue de l'Abondance; par le costume et surtout par la coiffure assez curieuse, elle ressemble peut-être aux femmes d'Alexandrie.

Les statues suivantes-, en marbre noir, proviennent du Canope ; restaurées par les ordres du cardinal Massimi, elles sont égyptisantes, de fabrication romaine, et sortent d'un même atelier antique ; ainsi cette Isis purement romaine (fig. 573) tenant Yank ou croix ansée. Tout en conservant la pose hiératique, cette figure a acquis une grâce et une vie nouvelles; les formes, quoique simples et même froides, sont indiquées avec une certaine recherche de pureté dans la ligne. La saveur en est étrange et tient un peu à l'étoffe invisible

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