‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 160 sur 275 · LES CLOCHES DE L'ÉGLISE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

LES CLOCHES DE L'ÉGLISE DE QUÉBEC

" 1 >n 1648, M. de Montmagny donna à la paroisse de Québec ■H une cloche de cent livres placée dans le clocher, l'année — précédente, et appartenant à la Compagnie.

** Robert Hache fit don en 1650 d'une cloche de mille livres; elle arriva en 1651.

" L'abbé de Latour écrit dans ses Mémoires sur la vie de M. de Laval: " Sur la fin de l'année 1664, M. l'évêque fit la bénédiction des trois premières cloches du Canada qui jusque-là n'avait eu que quelques clochettes; ces cloches furent fondues dans le pays."

" Après avoir cité ces derniers mots, l'abbé Auguste Gosselin ajoutait: " Ce qui, il faut bien l'avouer, semble bien difficile à croire."

"Eh ! bien, l'historien Latour n'a pas fait erreur et les trois cloches dont on fit la bénédiction solennelle à la fin de l'année 1664, avaient été fondues au Canada, à Québec même. On en a la preuve très claire dans le compte que rend de son administration, Damours, marguillier en charge pour l'exercice allant du 19 novembre 1663 à pareil jour de 1664.

" Au chapitre des dépenses, on trouve plusieurs items concernant les futures cloches: achats de mitraille, de cuivre, d'étain, etc., le tout recueilli un peu partout: à Québec, dans les environs et jusqu'à l'île d'Orléans. André Julien, chaudronnier, en fournit à lui seul un bon lot. On ramassa ainsi, pour la somme de 240 francs environ, entre cinq et six cents livres de matériaux.

" La fabrique de Québec paye ensuite à Charles Philippeau, serrurier, treize livres pour " la ferrure des moules des cloches," et deux cent cinquante-six livres pour les battants des dites cloches."

" N'est-ce pas que ces livres de comptes sont impayables? Mais il y a mieux encore: " Donné au Sr Hamonnet 50 livres 10 sur ce que la paroisse lui doit pour la fonde (sic) des cloches." Et l'on trouve de ces entrées jusqu'en 1665, montant à la somme de 208 livres 8 chelins.

" Il n'y a donc pas de doute possible, on fondait des cloches

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au Canada, dès 1664. Le fondeur se nommait Jean Hamonnet ou Amonnet.

" Le 3 octobre 1712, à Beauport, Pierre La Tour, " maître fondeur demeurant depuis quelque temps au dit Beauport," convolait en troisièmes noces avec Catherine Chevalier. Peu après, peut-être au commencement de 1713, il entreprenait la fonte de quatre cloches destinées respectivement aux églises ou chapelles de Boucherville, de Bonsecours de Montréal, de la mission de Saint-François et de Saint-Nicolas . . .

" Trois ans plus tard, en 1716, La Tour est à Québec et demeure rue Sault-au-Matelot. Le 11 mai, par contrat passé devant Chambalon, il entreprit de fondre une cloche de 1800 livres pour la paroisse de Québec. Mais en voilà assez pour celui-ci; passons plutôt à un troisième et ce sera le dernier.

" M. Récher, curé de Québec, écrivait dans son Journal le 27 octobre 1757: "On fond à Beauport la petite cloche de la paroisse qui doit peser 1500 livres: le métal ayant manqué, les anses de la cloche sont restées imparfaites n'ayant pas plus de cinq à six pouces au-dessus de la cloche. " Mauvaise affaire ! Mais le 15 novembre le bon curé note que " le fondeur de cloches a suppléé, à Beauport, par une nouvelle fonte, les anses de la 3e cloche de Québec en perçant le cerveau de cette cloche et y faisant couler du métal pour joindre en dedans du cerveau les dites anses les unes aux autres."

" Le curé Récher nous apprend enfin que la bénédiction solennelle de cette cloche eut lieu le 28 novembre. M. Bigot, représenté par M. Daine, en était le parrain et mademoiselle Daine, la marraine.

" Il ne manquait plus que le nom du fondeur. Nous sommes allé le demander aux livres de comptes de la paroisse de Québec. Au chapitre des dépenses, année 1757, après avoir noté des achats de mitraille jusqu'à la somme de trois cent vingt livres, nous arrivons à l'item suivant:

" Payé à Étienne Simonneau, fondeur, pour façon de la 3e cloche pesant 1758 livres et pour la gratification accordée par la fabrique suivant quittance: 803 livres 4 sols."

Source: Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXVI (1920), article de M*' Amédée Gosselin.

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