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UNE TOUCHANTE PROCESSION À QUÉBEC EN

Mgr de Laval avait obtenu du Saint-Siège, par l'entremise de Mgr Pallu, d'importantes reliques des saints martyrs Flavien et Félicité. L'évêque de Pétrée avait apporté avec lui, en 1659, ces reliques qu'il considérait comme un trésor précieux.

Le 26 juin 1660, Mgr de Laval fit visiter et reconnaître les ossements de ces saints par les principaux médecins et chirurgiens de Québec, en présence du clergé, du gouverneur et de plusieurs citoyens, afin d'en constater l'authenticité.

M*1 de Laval, qui aimait les belles cérémonies du culte, voulut faire une imposante procession pour la translation de ces reliques dans l'église paroissiale de Québec. Il la fixa au dimanche, 29 août 1666, jour de la fête de saint Augustin.

Le Journal des Jésuites note l'événement très sobrement comme d'habitude. Nous lisons, à la date du 29 août 1666:

"Ona fait aujourd'hui la translation des corps de saint Flavien et de sainte Félicité, avec grande solennité. Tous les prêtres en chasubles ou chapes. Les puissances portaient le premier dais. Le plancher de l'église des Ursulines se rompit, chargé de la foule du peuple à la sortie de la procession. Plusieurs tombent dans la cave assez profonde. Personne de blessé."

Le 16 octobre 1666, la Mère Marie de l'Incarnation, remerciant son fils du présent de saintes reliques qu'il venait de lui faire pour le monastère des Ursulines, en profite pour lui parler de la fête du 29 août:

" Dans la translation des corps de saint Flavien, martyr, et de sainte Félicité," lui dit-elle, "que notre Saint-Père a donnés à Mgr notre évêque pour ce pays, nous avons eu notre part aussi bien que les deux autres maisons religieuses. Il ne s'était point encore vu dans ces contrées une si belle cérémonie. Il y avait à la procession quarante-sept ecclésiastiques en surplis, chapes, chasubles et dalmatiques. Comme il fallait porter les reliques dans les quatre églises de Québec, nous eûmes la consolation de voir cette magnifique

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cérémonie. M. de Tracy, vice-roi, M. de Courcelles, gouverneur, avec les deux plus considérables de la noblesse, portaient le dais. Les plus élevés en dignité d'entre les ecclésiastiques portaient les quatre grandes châsses sur des brancards magnifiquement ornés. La procession sortant d'une église y laissait une châsse. La musique ne cessa point, tant dans les chemins que dans les stations. Monseigneur suivait les saintes reliques et la procession en ses habits pontificaux. Peu de jours auparavant, il avait consacré et dédié l'église cathédrale avec une pompe magnifique, et il espère consacrer la nôtre l'année prochaine. Je n'aurais jamais osé espérer de voir une si grande magnificence dans l'église du Canada, où, quand j'y suis venue, je n'avais rien vu que d'inculte et de barbare."

M. l'abbé Gosselin fait remarquer la grande abondance de reliques que posséda, dès son origine, l'église du Canada. "Ce fait," dit-il, " prouve l'esprit de foi des missionnaires dévoués, qui, en quittant leur patrie, pour venir travailler sur nos plages lointaines, n'avaient aucune pensée d'ambition humaine, et ne songeaient qu'à emporter avec eux quelques reliques de saints confesseurs ou martyrs, qui fussent comme les compagnons de leur exil et les protecteurs de leurs travaux. Les parents ou les amis qu'ils laissaient en France, les communautés religieuses, surtout, ne manquaient pas ordinairement de leur faire une petite part du patrimoine de reliques qu'ils possédaient."

Notons que, lors de la consécration de son église, Mgr de Laval déposa dans le tombeau du maître-autel plus de quatre-vingts reliques différentes, y compris celles de sainte Anne, de la sainte Vierge et de la vraie Croix.

Sources: l'abbé Auguste Gosselin, Vie de M«r de Laval; Mère Marie de l'Incarnation, Lettres.

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