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LA FONDATION DE QUÉBEC

M de Monts, qui avait mis tant d'espoirs sur l'Acadie, ayant perdu son privilège en 1607, se tourna vers le • Canada.

Son désir était d'agrandir les possessions françaises et de pénétrer, par le Saint-Laurent, jusqu'à l'océan Pacifique et de là atteindre la Chine. Ce rêve n'était pas une utopie puisqu'il a été réalisé de nos jours.

M. de Monts obtint du roi le renouvellement de son privilège pour une année. Il arma ensuite deux vaisseaux, l'un commandé par Pontgravé devait faire la traite à Tadoussac, l'autre, sous les ordres de Champlain, devait transporter les colons chargés de commencer un établissement sur le Saint-Laurent.

Le Don de Dieu partit de Honfleur le 13 avril 1608. Champlain avait sous ses ordres une trentaine d'hommes. Parmi ceuxci se trouvaient Nicolas Marsollet, Étienne Brûlé, le chirurgien Bonnerme, Jean Duval, Antoine Natel et un nommé La Taille. Ce sont là les seuls compagnons de Champlain dont les noms ont été conservés.

Champlain s'arrêta quelques jours à Tadoussac où il rencontra Pontgravé, parti de France avant lui.

Le 3 juillet 1608, Champlain arrivait à Québec. " Il débarqua, dit M. Garneau, sur la petite pointe de terre qu'occupe aujourd'hui la basse ville. Il la fit défricher et y fit élever d'abord quelques cabanes. La nature semblait avoir formé le plateau que baignent le fleuve Saint-Laurent, la rivière du Cap-Rouge et la rivière Saint-Charles, pour être le berceau de la colonie, et plus tard le siège d'un empire. Champlain y fixa son établissement. Il mit tout son monde à l'œuvre. Les uns élevèrent une habitation spacieuse et fortifiée, les autres défrichèrent la terre et exécutèrent d'autres travaux plus ou moins indispensables. Le mouvement et le bruit remplacèrent le silence qui avait régné jusque-là sur cette rive déserte et solitaire, et annoncèrent aux Sauvages l'activité européenne et la naissance d'une ville qui

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allait devenir bientôt l'une des plus fameuses du nouveau monde."

Au mois de septembre, Pontgravé, qui s'était tenu à Tadoussac tout l'été, partit pour la France, laissant Champlain amplement muni de provisions pour son hivernement.

Le premier hiver passé à Québec par Champlain et ses compagnons fut plutôt triste. Ils eurent à lutter contre le scorbut et la dysenterie. Le serrurier Natel mourut de la dysenterie à la fin de novembre. Cinq autres succombèrent à la même maladie au cours de l'hiver. Le scorbut fit encore plus de ravages que la dysenterie. Des dix-huit compagnons de Champlain atteints de cette maladie, dix en moururent. Pour comble de malheur, le chirurgien Bonnerme fut aussi emporté par la maladie. Au printemps, il ne restait plus que huit hommes à Champlain et encore étaient-ils tous malades.

Le printemps fut salué avec joie par les survivants de la petite colonie. Le 5 juin 1609, le sieur des Marets arrivait à Québec et informait Champlain que Pontgravé était de retour à Tadoussac depuis le 28 mai. Champlain courut à Tadoussac où il trouva une lettre de M. de Monts qui lui enjoignait de passer en France pour lui rendre compte de ses découvertes.

Après s'être rendu au pays des Iroquois avec vingt hommes fournis par Pontgravé et un nombreux parti de Montagnais, Champlain revint à Québec et s'embarqua pour la France avec Pontgravé le 5 septembre 1609. Il laissait le commandement de Québec au capitaine Pierre de Chauvin.de Dieppe," honnête homme," dit-il. Chauvin avait quinze hommes sous ses ordres.

Sources: F.-X. Garneau, Histoire du Canada; Champlain, Voyages; N.-E. Dionne, Samuel Champlain.

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