‹ La ville morteChapitre 94 sur 105 · SCENE UNIQUE · texte numérisé non relu

SCENE UNIQUE

Sur le bord de la fontaine, pres d’un buisson de myrtes, est étendu le cadavre de la vierge Hébé. Les vêtements mouillés adhérent aux membres rigides; les cheveux imprégnés d’eau entourent le visage à la manière de bandelettes; les bras sont allongés contre les flancs; les pieds sont joints comme ceux des statues funéraires couchées sur les tombeaux.

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Alexandre, assis sur une pierre, les coudes appuyés aux genoux et les tempes serrées entre les paumes, regarde fixement la morte, silencieux, dans une effrayante immobilite. LE peu AUS RS

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Léonard est debout, adossé contre un grand rocher auquel, par moments, ses doigts s’accrochent crispeés et désespéres, comme les

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doigts du naufragé à l'écueil qui émerge du gouffre. Dans le silence mortel, on entend le bruit de l’eau et le souffle intermittent du vent

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sur les myrtes qui s’inclinent. Tout à coup, Léonard se détache du rocher et va s’agenouiller près du cadavre de sa sœur, en se courbant

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comme pour la toucher.

violemment.

ALEXANDRE, l’arrêtant d’un geste brusque et d’un cri impétueux.

Ne la touche pas!

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Le délire semble l’assaillir. De temps à autre, sa voix devient rauque, déchirante, presque méconnaissable.

LEONARD

avec une grande emotion, La parole entrecoupeée.

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Je

si

que je la pro-fa. nerais,

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