‹ La viperine operette en un acteChapitre 23 sur 27 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

GALFUCCI.

Dans un moment, je vais frapper dans mes mains... Tu pourras alors retirer le mouchoir qui couvre tes yeux et tu te trouveras dans la plus profonde obscurité.

LUCREZ1A.

Comment! dans l’obscurité?...

CALFUCCI.

Silence! une femme sera près de toi.

CALLIMACO.

Une femme... jeune?

CALFUCCI.

Non, vieille !

Ah ! par exemple I Et laide...

LUCREZIA

CALFUCCI.

Vieille et laide.

SIRO

CALLIMACO.

Ah 1 et après?

CALFUCCI.

Après ?... tu feras en sorte de lui ravir un baiser... un seul, tu entends bien ?

CALLIMACO.

Bon !...

. CALFUCCI.

Puis nous viendrons te reprendrë et tu iras te faire pendre ailleurs.

CALLIMACO.

Je ferai de mon mieux.

CALFUCCI.

Allons, nous te laissons, petit musicien! (a sîro.) Viens,

Il se dirige arec Siro vers le fond, puis ils redescendent en se cachant chacun derrière une porte, Siro h droite et Calfncci à ganche. CALLIMACO.

Ça y est-il? et puis-je ôter ce mouchoir?

CALFUCCI.

Attends !

Il frappe trois fois dans ses mains, Callimaco retire son bandean. Nuit presque complète, musique à l’orchestre.

callimaco, liant*.

Oh! madame... je ne puis voir votre visage et je dois croire d’après ce que l’on m’a dit...

LUCREZIA

En effet, on ne vous a pas trompé, je suis affreuse!

CALLIMACO, bas.

Chère Lucrezia ? (Haut.) Je vous aime, je vous adore !

LUCREZIA

Laissez-moi, monsieur I... (a Caifucd.) Seigneur Calfucci?...

CALFUCCI.

Hein?

Décidément, j’ai trop peur ! J’y renonce.

CALFUCCI.

Es-tu folle ? mais il est trop tard, tu as bu la vipérine, il n’y a plus à reculer...

CALLIMACO, hant.

Eh bien ! madame, pourquoi me fuyez-vous ? je n’ai pas encore gagné mon argent et je suis un honnête garçon... Où êtes- vous donc ?

LUCREZIA, bas.

Me voici, monsieur.

L'orcbâslre joue en sourdine jusqu’à la Un de la scèno.ie refrain des couplets de Lucrezia : C’est mon mari qui l’a vonln.

CALLIMACO, bai à Lucrezia.

Enfin, mon adorable Lucrezia... je puis vous dire que mon cœur ne bal que pour vous...

LUCREZIA, bas.

Silence! Si mon mari vous entendait ?

CALFUCCI, bas.

Je n’entends plus rien! (Haut.) Tu peux parler plus haut, petit musicien... je t’y autorise...

CALLIMACO, à Lucrezia.

Vous voyez, madame... c’est votre mari qui ordonne que je vous dise tout haut que vous êtes charmante et que je vous aime.

A la bonne heure!

CALLIMACO, haut.

Je sens que je donnerais rna vie pour vous.

* Calfucci, Lucrezia, Callimaco, Siro.

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