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Annales d'oadistiqxœ, janvier 180-I, pp. 38 et suiv

LEÇON.] OPHTHALMOSCOPE BINOCULAIRE. 337

le premier élan de satisfaction d'auteur. Nous lui signalons, en particulier, l'expérience rapportée au n° 1 du § B, et au moyen de laquelle on peut se procurer la vue du globe oculaire entier, transporté comme un globe de cristal en avant de la lentille objective, et présentant à la fois à l'observateur, et avec leurs distances relatives, l'iris, la rétine et tout corps opaque qui pourrait être suspendu à une distance quelconque dans le corps vitré.

On se procure cet avantage en prenant une lentille de 1" 3/4, par exemple, pour lentille objective et en l'éloignant, pendant l'observation, jusqu'à 3 pouces de l'œil observé.

M. Knapp a également constaté, dans l'usage de l'instrument binoculaire, l'avantage d'un éclairage plus intense, attendu, dit-il avec grande raison, qu'un objet paraît plus éclairé si on le regarde avec les deux yeux que lorsqu'on n'en emploie qu'un seul.

Le champ visuel superficiel est plus étendu: ceci se comprend aisément en songeant qu'outre la partie de l'image commune aux deux yeux, il y a encore, pour chacun, une partie latérale propre que ne perçoit point l'autre, mais que perçoit le sensorium.

Enfin, les perceptions sont plus nettes et plus sûres, parce que l'acte visuel est plus naturel et plus précis avec deux yeux qu'avec un seul i.

Le même auteur a opposé au tableau brillant, dressé par lui, des

1. Voici, d'autre part, le jugement porté sur notre ophthalmoscope par M Robert Carter, dans son récent et complet travail sur l'ophlhalmoscopie •

« La différence entre les effets produits par les ophthalmoscopes monoculaires et binoculaires est très considérable; et, pour un commençant ou un observateur inexpérimenté, delà plus grande importance. Pour apprécier exactement cette différence, ,1 faut se souvenir que les difficultés de l'observation ophthalmoscopique sont de deux sortes. 1 y a d'abord la difficulté de voir; il y a ensuite celle d'inSréter sainement ce qu on a vu. La première est la même avec tous les instruments mais les instruments binoculaires réduisent la seconde à un minimum '

« Dans Remploi de l'ophthalmoscope monoculaire de MM. Coccius ou Liehroich gnage renversée), en dépit de l'abondance de la lumière et de la parfaite netteté 'les .mages, les détails du tableau apparaissent tous dans le môme plan Ls vais feaux de la rétine peuvent être distingués de ceux de la choroïde à leur' cou eur et Jleur direction; mais non par une différence appréciable dans leur position rela ge. Les dépressions formées par l'atrophie choroïdienne, le staphvlôme si ri ,r fe saillies produites par les hémorrhagies ou suffusions sousîéi iniTnnes oK ^en, sous le rapport de la couleur, des contrastes avec le champ SS

Sïïlpïin* PT 6, " SeS.pré??"'ent «uel(lucs apparences de nauSfsugl Ser fans le secours de la réflexion, l'idée de saillie ou de profondeur relatives La forme

e cupule du disque optique elle-même, la plus marque toutes e sdfflé rence^e

Surface présentées par le fond de l'œil, s, elle se trahïl principal , courbure des vaisseaux sur ses bonis, est souvent prise à la vM u , 1 valeurs inexpérimentés, pour une élévation. On peu ans t toS rttï 1 m* I insuffisance d'un seul œil, dans l'appréciation correcte du reh> i '"I"

8DU^ de difficulté dansl' rprélation desappar , , , n, , " ^

. " Sousl'instr sut culaire, cette difficulté s'évanouii I ■ r , , ,

«*»P« les .mét s îï^îiiîX^XS

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avantages de la nouvelle instrumentation, le Paitd'uo maniement un peu plus difficile, particulièrement quand il s'agit de distinguer les régions équatoriales de la rétine,

Celle objection n'est pas sans fondement, dans l'examen ordinaire. Mais, si l'on dilate la pupille, et qu'on applique le procédé même dfl M. Knapp, l'éloignement de la lentille de l'oeil observé, de léger! mouvements de cette lentille adroite, à gauche, en liaut et en bas pendant les mouvements opposés de l'œil observé, permettent très aisément une vue successive de toute la surface de l'œil intérieur.

Quant à la difficulté que Ton rencontre quelquefois à faire concorder la convergence avec l'accommodation, c'est là une simple affaire d'harmonie entre les mouvements musculaires des yeux de l'obserJ vateur et l'angle des prismes oculaires. Un changement dans cet angle corrige à l'instant cette discordance. L'ophthalmoscope binoculaire doit être, comme tout instrument de ce genre, approprié non seulement à l'œil, mais au système de la vision associée de celui qui doit s'en servir; et cette adaptation consiste dans la réunion des conditions suivantes :

1° Longueur des rhomboèdres , mesurée sur l'ôcartement des pupilles ;

2° Choix du prisme oculaire, au point de vue de la réfraction (myopie, presbytie, hypermétropie);

rait de l'effet produit par un arbre vu en pleine campagne ou dans un tableau. Non seulement on reconnaît à première vue, comme une évidente excavation, le disque du nerf optique, mais on reconnaît de même de petits épanchements de sang, de lymphe, de sérum, ou au contraire, des places atrophiées, manifestement creusées au-dessous du niveau environnant. Les vaisseaux de la rétine sont vus, du premier coup, émergeant en ligne droite du fond de l'excavation, puis s'étendant dans un plan évidemment antérieur à celui de la choroïde. Dans de jeunes yeux notamment, bien éclairés, les vaisseaux de cette dernière membrane peuvent être suivis distinctement dans toutes ses couches successives.

« Les chirurgiens déjà en possession du maniement assuré des anciens instruments, et exercés dans l'interprétation des apparences qu'ils fournissent, habiles àse débarrasser des illusions optiques, .ou chez qui l'usage des données parallactiques est devenu comme instinctif, ne reconnaissent d'abord à l'instrumeiitalion binoculaire qu'une plus grande beauté du tableau offert à leur vue. Mais, pour des observateurs moins savants, il est d'uni' bien autre valeur.

« Dans l'examen opbthalmoscopique, il y a peu de questions plus importantes, d point de vue du diagnostic ou du pronostic, que celle ayant pour objet de déterminer si une masse de pigment est infiltrée entre les couches de la rétine, ou déposée au-dessous d'elle, dans la choroïde. Il est d'une importance égale de recod naître avec certitude le commencement d'un épanehement séreux sous-rétinien. Au moyen de la .vision binoculaire, toutes ces circonstances sont précisées dés le premier coup d'reil. La vision monoculaire n'y arrive, si elle y parvient, qu'après un examen prolongé et qui souvent n'est pas sans danger.

« Il suit de là, selon moi, que tout observateur qui veut apprendre à se servir de rophttialmoscope vite et bien, et éviter les erreurs de l'interprétation sans avoir acquis une bien longue expérience, doit sans hésiterdonner la préférence à l'instrumènl binoculaire. »

USÇON. DÉPLACEMENTS PARALLACTIQUES. 339

S0 Choix tic l'angle du même prisme, au point de vue de l'angle de convergence, déterminé lui-même par les conditions musculaires des yeux de l'observateur.

S 217 bis. — Modifications apportées à l'ophthalmoscope binoculaire pour obtenir une amplification de l'image ophthalmoscopique.

Dans la séance du congrès international de 1872 à Londres, M. Schrœders a présenté au nom de M. le professeur Coccius de Leipzig, une modification apportée par ce savant dans la construction de l'ophthalmoscope binoculaire. Cette modification consistait dans l'application d'une jumelle commune d'opéra, appropriée à la vision des objets rapprochés (principe de la loupe de Briicke), aux orifices de la boite stereoscopique de l'instrument. M. Coccius ajoutait à la disposition première la présence d'une lentille additionnelle convexe de 12 pouces, placée symétriquement au-devant de la ligne verticale de contact des rhomboèdres, immédiatement en arrière de l'orifice du miroir; cette dernière lentille avait pour objet l'accroissement de la force amplificatrice de l'instrument. L'image était redressée au moyen de lentilles négatives de 2 à 3 pouces.

Ce perfectionnement réalise un agrandissement de l'image approchant du double de celle obtenue dans les conditions ordinaires et procure les avantages inhérents à toute amplification de cet ordre.

Mais eu égard au long chemin imposé aux rayons lumineux, l'instrument est peu maniable et son champ est d'une surface bien réduite.

Nous avons essayé, avec succès, d'atténuer ces inconvénients, en prenant pour axes des tuyaux de la jumelle d'opéra, la longueur même des rhomboèdres, en plaçant, comme M. Coccius, l'objectif commun accru notablement en force entre le miroir et les rhomboèdres, et en mettant les oculaires prismatiques immédiatement en rapport avec la face d'émergence desdits rhomboèdres. L'objectif consiste en une lentille positive de 32 lignes, et chaque oculaire en une lentille négative

Par cette disposition l'instrument ne subit aucun accroissement de dimension et e champ de vision se trouve augmenté en diamètre dans la proportion où se trouve réduite la longueur focale de l'objectif.

L'observation s'exécute alors dans les conditions habituelles en ophthalmosconie mais sur une image accrue dans le rapport de 18/10. En enlevant c n ' instrument est alors ramené à ses conditions premières. aminés,

§ 218. - Méthode des déplacements parallactiques.

Lors de l'examen ophthalmoscopique, l'image, soit réelle, soit virtuelle du fond de l'œil, a trois dimensions dans l'espace, ainsi «,ue les ^jH,s corporels qu'elle reproduit. Dans ces images, soit réelles, soit

tUh6 l6S' lGS P°lnts de 1 obJet «s le plus en avant, donnent également leurs tmages relativement plus en avant. Ces images procurent donc, a la vision binoculaire, les mêmes sensations de relief ou de d^tance relative, des différents plans, que l'objet corporel *L e q u

Danfccr nf? ^ ^^.^ lon dc l'observation uni-oculaire.

^ ,V.,I""X P^^és àpeudedisl , >ro -postérieure

lm,i' ^utre, compris par conséquent dans le même champ d'accom-

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modation ou de Czermak, sont perçus comme s'ils étaient dans le même plan, et l'image aérienne s'offre soumise aux conditions pleines d'illusions de la vision avec un seul œil.

L'histoire ophthalmoscopiquc du glaucome est là pour en faire foi.

On peut cependant, au moyen d'un certain artilice, procurer à l'observation uni-oculaire un jugement juste sur l'éloignement relatif de deux points voisins.

Ce moyen consiste à déplacer, légèrement, dans son propre plan, la lentille qui sert à l'observation. Lors de ce déplacement, en effet] deux points voisins inégalement distants, dans le sens de la profondeur, éprouvent, dans le sens de la latéralité des déplacements inégaux.

Si la lentille employée est positive (et l'image renversée), le point le plus antérieurement situé, se déplace davantage et dans le même sens que la lentille.

C'est le contraire, dans le cas de limage droite. L'objet qui éprouve le plus grand déplacement est alors le plus distant.

On peut s'en rendre aisément compte par l'argumentation suivante :

Fïg. 78.

Soient, figure 78, deux points B, A, visibles du fond de l'œil ; leurs images réelles a, b, et l'observateur o' sont situés, par hypothèse, sur une même ligne droite, ainsi que le centre de similitude G de l'appareil optique.

Prenons d'abord le cas de l'image renversée : l'observateur placé en o' (fig. 78), vise les points a, b images réelles de A et B placées sur Vaxe du système ophthalmoscopique ; et, vu cette circonstance, distingue diflicilement lequel est en avant, lequel est en arrière.

Il déplace alors quelque peu la lentille, en portant son centre d| G en C'. Par le fait de ce mouvement, le point a est porté en a' sur l'axe secondaire AC ; le point b en b' sur l'axe secondaire BC; charnu conservant d'ailleurs sa distance à la lentille, ce qu'il est inutile de démontrer.

Mais on voit que vu la distance CB plus petite que GA, l'angle C'BC est plus grand que C'AG. Le point b a donc éprouvé un mouvement angulaire bb' plus grand que celui de aa! .

Le mécanisme est renversé dans la localisation de 1 "image droite

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