CHEZ DES MEMBRES DU PERSONNEL NAVIGANT DE L’ARMÉE DE L'AIR
Chez les membres du personnel navigant qui voulurent bien se soumettre, d’abord à la mesure de leur seuil morphoscopique normal, puis à l’instillation de collyre, nous avons effectué des déterminations de ce seuil dans six circonstances différentes.
1° Nous avons d’abord déterminé leur seuil morphoscopique après une préadaptation de trois minutes, puis une adaptation d’une demi-heure, d’une façon identique à celle que nous avions utilisée pour la mesure du seuil chez les 50 sujets non habitués à des travaux nocturnes tels que les vols de nuit, mesure qui nous avait permis l’étalonnage de l'appareil.
2° Puis nous avons procédé à la détermination du seuil sans adaptation; cette détermination était effectuée immédiatement avant l’envol, à la tombée du jour, et elle nous a permis de voir que la valeur du seuil passait de 0,10 après adaptation à 0,14 sans adaptation, soit une différence de 0,04.
ou
3° Au retour des vols, qui s’effectuaient toujours à une altitude de 6.000 m, à la vitesse d'environ 600 km à l’heure durant une heure quinze à une heure trente, avec consommation d'oxygène dès le départ et jusqu’au retour au « parking », nous effectuions à nouveau une détermination du seuil morphoscopique sans soumettre le sujet à la préadaptation, puis à l'adaptation, celle-ci s'étant opérée durant le vol. L'action favorisante de l’oxygène parait à toute déficience d'adaptation qui aurait pu se manifester durant le vol du fait d’une brillance excessive du ciel, due à la lune.
Dès l’arrivée du « Gloster Meteor» au <« parking», où nous avions eu la précaution de faire éteindre les lumières aveuglantes des hangars, nous prenions en charge le sujet à examiner que nous amenions en voiture à la chambre noire d'examen, les yeux masqués par une paire de lunettes à verres très opaques, entièrement étanches à toute lumière parasite.
À son arrivée en chambre noire, nous mesurions à nouveau son seuil morphoscopique qui, à moins d’être déjà très bas après la détermination avec adaptation, était toujours très amélioré par la prise d'oxygène durant le vol; la valeur du seuil passait, en effet, de 0,14 avant le vol sans adaptation à 0,05, soit une différence de 0,09, et de 0,10 avant le vol avec adaptation à 0,05, soit une différence de 0,05.
La première série de déterminations était alors terminée. Il'nous restait à examiner, dans les mêmes conditions, l’action de l'hormone mélanophore après avoir procédé à linstillation du collyre de la façon indiquée précédemment. Nous avons donc procédé à trois nouvelles déterminations du seuil :
— La première était effectuée après préadaptation de trois minutes et adaptation de trente minutes, environ une heure quarante-cinq après la fin de l’instillation qui avait lieu, en général, au début de l’après-midi;
Ag TER
— La seconde s’effectuait sans adaptation, immédiatement avant l’envol, et avait lieu quatre à six heures après la fin de l’instillation du collyre;
-— Nous procédions enfin à la troisième détermination tout de suite après l’atterrissage, avec les mêmes précautions et dans les mêmes conditions que pour celle effectuée sans instillation d’hormone mélanophore : cette mesure avait lieu environ sept à neuf heures après la -fin de l’instillation.
TABLEAU DES RÉSULTATS OBTENUS LORS DES EXPÉRIENCES EFECTUÉES CHEZ LE PERSONNEL NAVIGANT
Comparaison des courbes-seuil avant le vol avec adaptation Sans intermédine Après intermédine — — — — Le nombre d'observations étant variable pour chacun des
deux cas, les courbes, pour être comparables, seront construites après changement de variable aux abscisses.
Sans intermédine : 28 sujets.
FRÉQUENCES FRÉQUENCES CUMULÉES SEUILS FRÉQUENCES PE en dre POUR UN TOTAL DE 50 0,04 2 3,57 | 3,57 0,06 4 7,15 | 10,72 0,08 8 14,27 24,99 0,10 11 20 | 44,99 0,12 1 1,67 46,66 0,14 1 1:67 | 48,33 0,31 1 | 1,67 | 50
SAONE
Après intermédine : 17 sujets.
FRÉQUENCES FRÉQUENCES CUMULÉES
t (l { SS7 10,72 24,
ne HRÉQUENGES POUR UN TOTAL Our UN TOTAL DE 50 DE 50 0,04 4 11,76 11,76 0,05 4 11,76 23,52 0,06 3 8,23 31,75 0,08 3 8,23 39,98 0,09 1 3,34 43,32 0,10 1 3,34 45,66 0,31 1 3,34 50 1ÿ/ 50 SE La valeur moyenne du seuil passe de 0,10 : à 0,05, soit une différence de 0,05 (fig. 11). 0,22° 2») es D°*o12.
oo.
SO
Nombre de sujets rapporte à : 90.
Fi. 11.
Sans intermédine
Apres ntermedine =" =
Comparaison des courbes-seuil avant le vol sans adaptation
La méthode utilisée est la même que précédemment.
Sans intermédine : 23 sujets.