SCENE IX
Les MÊMES. RoBErT (un sucrier à la main).
CHAMPOIREAU, (Mettant trois cuillerées de sucre dans sa limonade), J'aime c’te boisson là ben sucrée, moé! Ceusses qui l’a:ment sûre, y sont benvenus, inais pour moé, ©est doux ou ben pas du tout’! (il mange et bois. On entend une sonnerie de téléphone dans la coulisse).
RoBerT (à part.)
Bon! voilà que ça commence: si le plan peut réussir!
CHAMPOIREAU, Comment! t'as un téléphone icitte?
RoBerrT,.
Eh! oui! (il sort dans la coulisse et on l'entend parler): Allo! Oui, c’est ici!....Comment? que ditesvous?...un feul..douze maisons qui brûlent”?...A un arpent autour du coin!...Ah! mais! mais!
que c’est donc de valeur!..Deux de tués, ditesvous”... Comment? vingt-deux? Oh! quel malheur!…. Oui! en vérité!...C'est terrible!…..ça brûle encore, fort!...Non, je ne puis pas aller voir ça!..Mon mal de gorge, vous savez!...Mon Dieu!
que c’est donc de valeur!...D’autres maisons qui s’allument tout le temps?....Terrible!.…..Oh! bien, j'espère que cela ne viendra pas jusqu’ici!..Merci de m'avoir annoncé la nouvelle. (Durant cette scène CHAMPOIREAU et NARCISSE deviennent excités; ils se chaussent à la hâte, mélant les chaussures l’un de l'autre; celles de CHAM POIRE AU sont trop grandes pour N ARCISSE ‘et vice-versa; ils endossent les vêtements et la coiffure l’un de l’autre, formant un jeu de scène très comique. Ces deux acteurs pourront charger cette scène pour la rendre aussi drôlatique que possible).
CHAMPOIREAU (excité).
D’quel bord qu’il a dit qu’e’était?
ROBERT
Le deuxième coin en tournant le premier coin
(avec un geste vague du pouce pardessus son épaule). NARCISSE.
V'nez vite, poupa! on va l’trouver l’feu!.…..(il sort en courant suivi de son père; aussitot on entend un bruit comme celui de deux personnes roulant en bas d’un escalier).