LES PRÉVISIONS
Elles déterminent d’abord des différences les individus selon qu'ils prévoient ou non la hausse ou la baisse.
Mais en outre, lorsqu'elles sont collectives, on peut y voir un facteur très important à certaines époques des variations générales des prix et des changements d'appréciation touchant la valeur de M. Par exemple, lorsque la dépréciation due aux changes a entraîné la hausse, certains ne se sont pas rendu compte tout de suite de la relation entre ces deux mouvements. Au moment de la baissse du mark, un grand nombre de commerçants ne tinrent d'abord compte que de leur bénéfice nominal sans songer aux prix quil leur faudrait payer pour se réapprovisionner, et subirent du fait de cette illusion des pertes considérables. Peu à peu leurs habitudes se sont modifiées et instruits par des expériences onéreuses, ils ne tardèrent pas à comprendre la nécessité de tenir compte non seulement de la baisse présente, mais encore de la dépréciation future probable
de la monnaie nationale.
Ainsi, l'élévation du niveau des prix finit par se faire directement par l'effet des prévisions sans l'intervention des revenus. Il est même arrivé en Allemagne et en Autriche qu'au terme de la période d'avilissement de l'unité intérieure, les prix parvenaient à monter plus haut que ne l'aurait impliqué le cours des changes. Les
vendeurs alors poussant à l’extrème la politique de rem-
placement prenaient la précaution d'ajouter à leur prix de revient une prime d'assurance contre la hausse future des changes étrangers.
On ne peut expliquer des mouvements de cette nature qu'en montrant la présence d’éléments qualitatifs tenant à la monnaie à côté’ de ceux tenant à la marchandise. M. Aftalion estime en conséquence qu'il faut amender la théorie du revenu pour intégrer des facteurs comme celui de la prévision dans la théorie générale de la monnaie. >
Cette correction peut se faire très simplement. Il suffira de dire que les appréciations individuelles de la monnaie dépendent non pas des satisfactions que DONNE par l’échange la dernière unité monétaire du revenu, mais de celles qu’on en ArTEND.
Ainsi par cette formule substituée à le de Wieser, on arrivé à comprendre dans une définition qu'on peut appeler théorie psychologique de la monnaie les éléments qualitatifs tenant à l'appréciation de sa valeur elle-même, et l’on s'explique qu'on ait pu assister à des hausses immédiates de prix dues aux variations de change sans variations générales du revenu.
Il sera possible avec ces éléments de faire l’application à la monnaie de la théorie générale de la valeur en remontant des effets aux causes dans une explication
à trois degrés.