LA BALAFRE ET LES SOLDATS
On le sait, capitaine, Aussi pas un de nous Qui ne serait heureux De vous donner sa vie.
LE CAPITAINE, souriant, les remerciant du geste.
En attendant, il faut que je vous trouve De quoi vous bien réconforter!
LA BALAFRE ET LES SOLDATS, saluant.
Merci, capitaine.
LE CAPITAINE
À bientôt, mes enfants !
(sortie du capitaine allant vers le yillage.) LAFLEUR, battant des mains.
Tiens, voilà Marion I
TOUS, dans un mouvement très enievé.
Voilà la vivandière Voilà la vivandière
Vive Marion l
Vive Marion l
Entrée de Marion.
(C^est une ascouade de soldats républicains très déguenillés qui arrive, entourant la voiture de Marion la vivandière attelée d un âne. — Marion porte la veste rouge dus hussards ayec de la vieille fourrure râpée. Marioa est dans sa voiture.)
MARION, commandont.
Section L-. Repos !..•
TOUS
Bravo! mon commandant!
(Marion descend de sa voiture et emhraciiic son âne.) MARION
Et toi, mon Grisonnet,
Bien vrai, si tu n'a pas
Répondu comme les autres
(Tous les soldats se récrient.)
Tu es de mon avis !
(S'adreisant aux soldats.)
Eh ! Qu'avez-vous à dire ?
MARION, caressani son /)ne et le montrant avec orgueil.
Vous comparant à Grisonnet Vieil ami, compagnon de guerre, Je vous ai fait un grand honneur !
Dont vous n'êtes certes pas dignes ! î 1
Il n'a pas, il est vrai,
Mon petit Grisonnet,
Été cité à l'ordre !
Ni même comme moi
Proclamé caporal A Yaimy, par Oumounez, Mais au combat de Spire
Il fut blessé deux fois I
^Gravement, à Lafleur.)
Blanc bec c*est un ancien, Prends modèle sur lui.
(Lafleur fait à Hïm le salut miiitaira.)
Conduis-le par la bride
Et va le remiser
Et en prenant grand soin Tout près d*un beau taillis bien vert Pour qu'il puisse à son aise Se payer un festin.