ACTE PREMIER IS
Entrée de Georges
(II est en costume de chaste, guétré, la carabine à Tépaule.) MARION, allant à lui.
Salut î... Fraternité!
GEORGES, gaiement.
bonjour la vivandière î
MARION
Nous t'avons envahi Sans t' avoir crié gare 1!
GEORGES
Je vous savais ici, Soyez les bienvenus.
(U reiuet son fusil au paysan en lui donnant des ordres, il montre les soldats. Aussitôt le paysan rentre à la ferme.)
MARION, le regardant.
C*est vrai, t'as l'air gentil!
(intriguée.;
Mais comment donc sais-tu Qu'on bivouaquait chez toi ?
GEORGES
Depuis ce matin parcourant la plaine
J'allais dans les bois, j'allais par les blés.
Lorsque j'entendis musique lointaine
Des bruits de fanfare aux airs endiablés.
Pareil au semeur, qui jette à la terre
Le blé, grain sacré qui germe au sillon
Ces appels pleins d'élan prenaient mon âme entière
Et me erraient : « Marche, au canon !»
(Le capiltiine Bernard reaire et écoute. — Las soldais â* rapprochent.)
MARION
Oui, lu peux tressaillir, Oui, tu peux être ému, Car c'étaient les fanfares Des vieux soldats du Rhin !î
GEORGES, fiévreux.
Vous venez de vous battre ?
LA BALAFRE
Crânement je t'assure.
BERNARD
Et ce fut dur.
MARION
On eut le nez gelé,
Mais le cœur restait chaud !
Lfi CA14TAINË BERNARD, enfiévré, prenant la main de Morion .
L'on se moque.
Du froid et de la faim.
Qu'importent les blessures Et qu'importe la mort.
Quand on rêve le soir, A l'abri du drapeau.
(Marion, Bernard, Lalleur et les •oldats reprennent en cbœur.) GEORGES) s'exaltant.
Puis, où retournez-vous ?