VI AVERTISSEMENT
nous avons cru devoir retrancher certains passages qui, regardant exclusivement les directeurs, n'auraient pas été ici à leur place, et en modifier quelques autres, dont la rédaction aurait pu devenir une source d'embarras pour les âmes troublées, que l'auteur se proposait, au contraire, de soulager. Nous y avons fait aussi des additions nombreuses tirées des sources les plus autorisées, pour le rendre plus complet et plus approprié aux besoins des âmes scrupuleuses. Mais nous avons eu soin de distinguer du texte de Duguet ces additions et ces modifications, en les renfermant entre des guillemets : ce que nous avons observé pareillement dans les trois autres parties, en notant du même signe, dans chaque chapitre, les additions provenant d'autres sources que celles dont il était luimême tiré.
Les âmes inquiètes devront accepter avec d'autant plus de confiance les décisions de ce Traité des scrupules, que Duguet, son auteur, n'a jamais passé pour un partisan de la morale relâchée, et qu'il appartient, au contraire, à une école dont on ajustement blâmé l'excessive sévérité.
Ce volume est terminé par un petit recueil de Méthodes dont l'expérience a montré l'utilité pour aider les âmes pieuses dans leurs exercices spirituels.
La réunion d'un grand nombre de passages empruntés à divers auteurs nuira sans doute à l'unité d<
AVERTISSEMENT. Vil
style que l'on doit naturellement désirer dans un ouvrage ; elle donnera même lieu à de fréquentes répétitions, qui seraient également un défaut s'il s'agissait d'une œuvre littéraire. Le premier de ces défauts était inévitable, vu le but que nous nous sommes proposé, qui était de conserver à ces instructions toute leur autorité, en respectant jusqu'aux paroles des auteurs dont elles sont tirées. Quant à la répétition des mêmes idées, elle devient un avantage en les inculquant plus efficacement à ceux qu'il s'agit d'en convaincre. Pour faire pénétrer ces enseignements consolants dans les cœurs livrés au trouble, il ne suffit pas de les leur présenter une fois, il faut les leur offrir sous toutes les formes possibles, ce qui rend inévitable la répétition des mêmes idées. L'expérience nous a appris combien cette sorte d'importunité contribue puissamment à l'instruction et à la consolation des âmes, et nous n'avons pas hésité à préférer l'utilité du fond à la perfection de la forme, ne cherchant ici que leur bien. S'il nous est donné d'y contribuer, nous serons content, et alors nous demanderons avec confiance aux personnes qui croiraient avoir retiré quelque fruit de la lecture de ce livre, de vouloir bien, de leur côté, penser devant Dieu aux besoins de notre âme, et lui recommander dans leurs prières celui qui a travaillé pour leur consolation.
Que Dieu daigne bénir ce petit travail, et le faire