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UNE FONTAINE WALLACE. UNE FONTAINE DE JEAN, BOULEVARD DU TEMPLE

FONTAINES PUBLIQUES

contribuer à l’embellissement de cette voie, se cotisèrent pour y installer des fontaines de bronze, au nombre de trente. Un architecte, nommé Martin, en dessina le modèle, à peu près semblable pour toutes, sauf que le motif décoratif de la partie supérieure représente tantôt des cygnes, tantôt des naïades, ou encore des dauphins, mais que surmonte toujours un enfant identique à luimême.

De trente qu’ils étaient en 1848, ces curieux édicules ont été successivement réduits à quatre ou cinq. Le service des eaux songeait même à faire disparaître ces derniers survivants. Il a fallu un énergique rapport de M. Lucien Lambeau à la Commission du Vieux-Paris (1900) pour obtenir leur salut.

La plus belle des fontaines construites sous le second Empire est incontestablement la Fontaine Saint-Michel. Davioud, qui en fut l’architecte (i858-i86i), s’est sans doute inspiré du modèle que lui fournissait la Fontaine Molière, de Visconti, — la disposition des lieux étant la même, — mais il lui a donné plus d’ampleur et plus d’élégance. Le motif principal consiste en un groupe qui représente saint Michel terrassant le dragon et le transperçant de sa lance. De chaque côté, s’élèvent deux colonnes géminées qui supportent à l’entablement chacune une statue : la Prudence, par Barré ; la Force, par Eugène Guillaume ; la Justice, par Robert; la Tempérance, par Gumery, vertus toutes fort recommandables au seuil du quartier latin. En avant du monument, un triple bassin circulaire reçoit (parfois) l’eau qui jaillit de deux dragons, de hère allure, se faisant face. (PI. 53.)

Fontaines Wallace. — Au lendemain de nos revers, en 1872, sir Richard Wallace ajouta un nouveau bienfait à ceux dont il avait déjà gratifié les Parisiens, au cours du siège : il les dota de cinquante fontaines publiques, — ou plutôt de la somme néces-

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saire pour les installer, laissant à la Ville le soin du modèle et des emplacements. Ces petits monuments, dont l’Administration a, depuis, augmenté beaucoup le nombre, jouirent aussitôt d’une vogue très grande, et qu’ils n’ont pas perdue. Ils sont tous semblables, reposant sur un socle à huit pans au-dessus duquel une sorte de borne en fonte reçoit l’eau qui coule constamment du sommet d’un petit dôme en forme de calotte, que supportent quatre cariatides. (PI. 54.)

Fontaines Dejean. — C’est dans le même sentiment d’humanité, et pour encourager latempérance, que M. Eugène Dejean a doté, depuis peu, le XIe arrondissement de douze fontaines publiques, trois par quartier, dont une seule, réservée au quartier de la Folie-Méricourt, devait avoirun caractère monumental. C’est aussi la seule qui ait été construite, — en décembre 1906. M. Formigé, architecte de la Ville, a donné là une nouvelle preuve de son goût artistique et de son talent. (PI. 54.)

La fontaine est placée à l’extrémité occidentale du terre-plein qui s’étend devant l’ancien Cirque d’hiver, devenu siège d’un cinématographe. C’est une sorte de pyramide de pierre, d’un dessin aimable, dont le sommet est couronné par un cygne aux ailes ouvertes. La partie inférieure supporte deux vasques en forme de coquilles, dans lesquelles deux chimères en bronze propulsent l’eau à jet continu. Au-dessus, sur la face Est, un médaillon, dû au ciseau du sculpteur Mairie, représente les traits du donateur. Il est accompagné de cette inscription :

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