‹ La voix d'un exilé [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 4 · AE PER PARENT · texte numérisé non relu

AE PER PARENT

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Ah! pour celui qui garde un reste de noblesse, Si le regret de l’âme est un soulier qui blesse, Si le remords au cœur est un ferment qui bout, Que tu dois envier le courage stoïque LE LA , . HA L'indomptable fierté, la pauvreté civique De ceux qui sont restés debout !

Poète, lève-toi ! tribun, redeviens homme !

Imite les grands cœurs de la Grèce et de Rome ; Méprise un vain trésor par la honte amassé ; La vertu....mais si l’or a pour toi plus de charmes, Il ne nous reste plus qu’à répandre des larmes

Sur la tombe de ton passé.

QG) 21 n’est pas un seul libéral en Canada qui ne reconnaisse en M. Chauveau, quelque chose de plus noble et de plus relevé, que les serviles créatures dont il est entouré.

(2) On se rappelle que M. Chauveau écrivit, il y a quelques années, une pièce de vers dans laquelle il flagellait sans pitié ceux qui avaient consommé l'Union des deux Canadas.

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Mais lui, le chef, qu’est-il, ce vantard hypocrite

Qui porte sans rougir tant d’infamie écrite

Sur son front impudent ? Oui, qu’est-il, après tout ?

Hargneux quand il se tait, insolent quand il parle,

Paillasse à Burlington, déserteur à St. Cherle [1], Rampant à Londre et gueux partout.

Il a, pour parvenir, mis tout à son service ; Il escompte le vol, il pressure le vice, Ce vieillard tout suintant de prostitution ; Pour qu’il puisse à Windsor paraître en bas de soie, Tout, le coffre public et la fille de joie Sont mis à contribution [2].

Déchirant par lambeaux nos libertés si chères,

Il avait hardiment mis son peuple aux enchères,

Et livré sa patrie à mille aventuriers ;

Pour l’en récompenser, on le pare d’un titre :

Il se pâme, il se gourme, en son orgueil de pître: Judas a ses trente deniers!

Iscariote ayant vendu son divin Maitre,

Bourrelé de remords, il se pendit, le traître,

Croyant trouver au moins la paix dans le tré sas.

Mais ce vil brocanteur n’a pas l’âme si tendre;

Jamais il n’aura, lui, le cœur d’aller se pendre : Il est plus lâche que Judas!

() On sait que celui dont le poète parle, après avoir, en 1837, soulevé les habitants de sa paroiss: natale par ses discours incendiaires, se sauva lîichement avant la bataille de St. Charles, et se retira à Brrlington, Vermont, où il écrivit des niaiseries patriotiques. La ehronique rapporte même que quelques connaissances qu’il fit à Albany, N. Y. furent forcés de se cotiser pour lui acheter un pantalon. Il insulte maintenant à tout propos le peuple des Etats-Unis ; serait-ce ce pantalon qu'il aurait encore sur le cœur ?

‘2) Il n’y a pas encore trois ans, G. E. Cartier louait à des femmes publiques, plusieurs maisons lui appartenant,

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Ah! qui sème le vent récolte la tempête... ,

Triomphe bien ! demain, tu courberas la tête !

Père des trahisons, ton nom sera flétri!

Tu voulais avant tout que ce nom fût notoire ;

Eh bien, sois satisfait : tu vivras dans l’histoire. . Mais cloué sur un pilori !

| Canada, Canada! dans cette nuit funeste,

fl Qui fera resplendir le lambeau qui te reste

De cette ardente foi qui pourrait te sauver ?

Sur tant d’abaissement et sur tant de souffrance,

Quand donc pourrai-je voir, Ô jour de délivrance! L’astre des peuples se lever ?

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: O peuple, les crachats ont maculé ta joue ;

1 Un bouffon te harcelle un pierrot te bafoue ;

{|| On te hue, on te berne, on te pique, on te mord ;

1 On t'arrache du front le bandeau de ta gloire...

1 Debout, peuple, debout ! vas-tu leur laisser croire Que le patriotisme est mort ?

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Ah ! montre qu’en dépit de tant d’apostasie,

Le courage des preux chantés par Crémazie

Dans l’âme de leurs fils n’est pas encore éteint !

Montre-leur ce que c’est qu'un peuple qui s’éveille. ...

Mais quel fracas soudain vient frapper mon oreille ? Qui gronde ainsi dans le lointain ?

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Plein de sombres éclats, de fanfares sublimes, Fort comme l’ouragan roulant sur les abîmes, Tonnant comme la voix des vagues en rumeur, Confus comme les vents dans les grandes ramées, Quel est ce bruit puissant comme des chocs d’armées, ; ÿ À

Quelle est cette immense clameur ? -

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Bravo ! c’est un sauveur que la patrie acclame

C’est un fils de Chénier qui dresse une oriflamm :

Où le mot LIBERTÉ s'écrit avec du sang !

Suivi d’un escadron de hardis sans-culottes,

C’est l’archange vengeur qui chasse les despotes Devant son glaive éblouissant !

Un rayon fulminant a percé les ténèbres ;

Le monde a tressailli jusque dans ses vertèbres ;

Un souffle impétueux dans les airs a passé ;

La Liberté paraît, sublime et grandiose,

Paix ! victoire! hozanna ! son pied d’airain se pose Sur un cadavre terrassé.

Traîtres, ils sont comptés les jours de votre empire !

Car l’esprit du Seigneur sur tout ce qui respire

Semble souffler le vent des révolutions.

C’est l’heure solennelle où tombent les entraves,

C’est l'heure &es tyrans et c’est l'heure des braves, L'heure des rétributions !

L'Espagne se roidit ; déjà rugit la France ; L’Irlande jette encore un long cri de souffrance ; Le monde entier s’émeut au nom de Juarez.

Seul, des signes du temps ce vil troupeau se raille....

Les sots, ils ne voient pas, sur la sombre muraille Un doigt sombre écrivant : Mané, Thécel, Pharès !

Mai 1868.

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