‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 143 sur 192 · LA SOUVERAINETÉ NATIONALE · texte numérisé non relu

LA SOUVERAINETÉ NATIONALE

délibérations les plus laborieuses , avait enCn donné nais« sance à la Constitution du 4 novembre?

Eh bien! le 2 décembre 1851, quel cas le président assermenté de la République a-t-il fait de la souveraineté nationale, de ses votes et de son œuvre ?

La République avait été maintenue le 2 décembre 1851, et une nouvelle Constitution avait été promulguée le 14 janvier 1852 : quel cas a-t-il été fait, le 20 novembre 1852, du plébiscite du 2 décembre 1851?

Ne nous parlez donc plus de la souveraineté nationale, qui en tout temps et en tout pays a servi de masque à toutes les tyrannies, lui empruntant son nom!

Il est rare que la prétendue souveraineté du peuple ne soit pas une grossière imposture ; il n*en est pas ainsi de la souveraineté de la logique. Si la première se trompe et trompe souvent, la seconde ne se trompe et ne trompe jamais.

La souveraineté nationale est au droit divin ce qu*est un faux dieu mis à la place d'un autre faux dieu par la superstition populaire.

Laissons les faux dieux à Fécart des discussions sérieuses, et ne soyons plus dupes de fausses expressions mises en circulation par les faux monnayeurs politiques ! En résumé et en définitive, que veut TEspagne? Elle veut :

Avant tout, la liberté communale et provinciale ; La liberté du service militaire, c'est-à-dire l'abolition du service obligatoire , lequel n'existe ni en Angleterre ni aux ' États-Unis;

La liberté de la presse ;

La liberté de réunion ;

La liberté d'association ;

La liberté de croyance;

La liberté d'enseignement;

Enfin toutes les libertés individuelles et publiques dont se

compose la liberté pondérée, la liberté équilibrant les unes par les autres.

Donc, sous peine de démence, elle doit vouloir la forme de gouvernement lui garantissant le mieux Tindivisibilité et l'inviolabilité de la liberté.

Cette forme, quelle est-elle?

Assurément, ce n*est pas la -forme de la royauté constitutionnelle telle qu'elle se personnifiait dans la reine Isabelle II.

Assurément ce n'est pas la forme de l'Empire semi -personnel, semi-parlementaire, tel qu'il se personnifie dans l'empereur Napoléon III.

Est-ce la forme, de la République des Etats-Unis ?

Est-ce la forme de la République helvétique?

Ces dernières formes sont-elles le dernier mot de la forme gouvernementale?

N'en saurait-on imaginer une plus simple et plus perfectionnée?

Pourquoi ne la chercherait-on pas sans relâche comme on cherche à simplifier et à perfectionner sans cesse la machine à vapeur et le télégraphe électrique?

Donc, lorsqu'il s'agit de renouveler la forme de gouvernement, ce n'est pas à une assemblée délibérante qu'il faut s'adresser, c'est à l'ingénieur politique présumé être le plus capable. Autrement on ne fera jamais que multiplier les explosions qui, dans la langue politique, se nomment révolutions.

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