‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 3 sur 192 · LES PRÉPARATIFS MILITAIRES DR LA PRUSSE · texte numérisé non relu

LES PRÉPARATIFS MILITAIRES DR LA PRUSSE

NON ATTENTIVE de là France, nous avons hésité un seul instant? Est-ce que nous n'avons pas insisté autant qu*il était en nous pour la conclusion, sans aucun retard, d'une étroite et cordiale alliance oflensive et défensive entre la France, ritalie et la Prusse, alliance qui, faisant de ces trois puis* sances les maîtresses et les gardiennes de la paix en Europe, nous eût permis et eût permis à Tlialie de donner Texemple du désarmement sur la plus grande échelle? Est-ce que nous n'avons pas énergiquement combattu le paragraphe de la circulaire du 16 septembre 1866, dans lequel était mise en avant la nécessité pour la France d'accroître sa puissance militaire afin de rendre plus forte la défense nationale, paragraphe qui était un démenti donné à Tidée napoléonienne des grandes agglomérations, développée dans cette même circulaire portant la signature de M. de La Valette, ministre des affaires étrangères par intérim? Est-ce que nous n'avons pas attaqué à outrance la nouvelle loi des neuf années de service dans l'armée active et des cinq années d'apprentissage militaire, dans les rangs de la garde mobile, apprentissage imposé à tous les autres Français valides âgés de vingt ans ayant été exemptés soit par le sort, soit autrement?

Les neuf années de service dans l'armée active et les cinq années d'apprentissage dans la garde nationale mobile étant votées, la conséquence à tirer et de cette persistance du gouvernement et de ce vote de la représentation nationale, ce sera de demander à la guerre vigoureusement menée et promptement terminée le désarmement de l'Europe, qu'aucun raisonnement n'.i pu obtenir.

M. le maréchal Niel a exprimé la pensée de tout le monde lorsqu'il a laissé tomber de la tribune législative ces paroles que nous avons relevées et qui resteront : a Cela ne peut pas

DURER LONGTEUPS. »

Si, en eiïët, cela ne peut pas durer longtemps, comment cela peut-il finir autrement que par la guerre, une grosse

iO LA GUERRE FATALE.

gaerre, celle-là, une guerre suprême, forcément couronnée par un Congrès, comme en 1815?

Pas de phrases attardées sur la liberté I Elle n'a rien à faire dans la question , où la France , par les fautes de son gouvernement, est menacée d'avoir contre elle Tltalie et la Prusse, ses alliées naturelles, devenues ses ennemies pro* bables.

Liberté, pauvre liberté! quelle chance sérieuse de retour as-tu lorsque la prospérité a disparu et que le vent glacial de Tanxiété souffle sur toute TEurope, courbée sous le poids écrasant de dépenses militaires exorbitantes qui ne lui permettent pas d'entreprendre les réformes économiques radicales , sans l'adoption desquelles cependant le marasme et le malaise ne feront que s'accroître et empirer?

Hélas ! tu n'en as plus aucune.

Il y a eu un moment, le 18 janvier 1867, le jour où M. Rouher et ses collègues avaient tous donné leur démission, il y a eu un moment, chère liberté, où tu eusses été encore assez puissante pour changer le cours des choses et donner aux esprits une nouvelle direction; mais ce moment, les ministres qui ont retiré leur démission l'ont laissé passer; il ne reviendra plus, il ne peut plus revenir.

Avec quels ministres reviendrait-il?

Le seul ministère qui un jour, une heure, a été possible, ne l'est plus.

Aussitôt cette occasion envolée, les événements ont pris le train de grande vitesse ; ils marchent à toute vapeur.

CR QUE FERA L\ FRANGE. il

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