‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 56 sur 192 · LE DÉSARMEMEXT DE LA FORGE PAR LA FORCE · texte numérisé non relu

LE DÉSARMEMEXT DE LA FORGE PAR LA FORCE

Le goavernement insistait afin que cette augmentation fût de denx années.

Cest le gouvernement qui Ta emporté.

Combattues avec une grande fermeté par MM. Buffet et de Talhonêt, les neuf années de corvée militaire ont prévain.

Tant mieux!

Oui, tant mieux I puisquMl parait qu*il faut absolument que les armements de TEurope atteignent à la dernière limite de leur exagération pour que la nécessité du désarmement européen sMmpose invinciblement aux applandisseurs inconsidérés de paroles telles que celles-ci, tombées des lèvres de M. Ronher :

Je n'engagerai jamais mon pays à désarmer, à s'enleverles ressources militaires n^essaires pour résistera une attaque ou à une atteinte portée à nos intérêts et à notre honneur. ( Vive approbation mr un grand nombre de bancs.) Que ceux qui auraient le courage de soutenir une pareille proposition viennent la porter à cette tribune, et je suis convaincu que la Ghambie et la nation tout entière les désapprouveraient. (Nouvelle approbation.)

Puisque ce défi n*a pas été relevé à la tribune nationale, relevons-le ici, à cette tribune personnelle qui se nomme un jonmal. Nous n*anrons pas les approbations de la majorité élue, mais si la majorité électorale pouvait être consultée, si la tt NATION TOUT ENTIÈRE n pouvait être Saisie de la question dans les termes que nous venons de citer et que nous repoussons hautement, ce ne serait pas, non, ce ne serait pas à M. Rouher, ministre d'Etat, que la nation consultée donnerait raison ; ce serait au publiciste puisant sa force dans* la bonté de sa cause.

Sur quoi se fonde M. Rouher, ministre d*Etat, pour prétendre que les disciples de Montesquieu ne sont pas des e hommes sérieux » lorsqu'ils disent qu*au point où ils en sont venus a les effectifs de l'Europe en sont la ruine » ?

M. Rouher se foncie sur les chiffres ci-dessous, alignés par lui en bataille :

Il y a en Europe, dit-il, quatre grandes puissances continentales :

Lltalie,

L*Autriche ,

La Prnsse,

La Russie.

En Italie, la classe entière est appelée. .Onze ans de service. En dehors des gardes nationales^ et des volontaires, Tarmée permanente et régulière peut mettre sous les drapeaux 900,000 hommes.

En Autriche, Tobligation du service pèse aussi sur la classe entière. SisL ans de service. Indépendamment de la garde nationale , réservée pour la défense des forteresses et des cotes, la loi est appliquée à 1,200,000 hommes sous les drapeaux.

En Prusse, toute la classe, puisée dans la population de toule la Confédération du Nord, est engagée. Sept ans de service : trois ans dans Tarmée active, quatre ans dans la réserve. L'effectif produit- par cette organisation militaire est de 1,300,000 hommes.

En Russie, la levée annuelle est de 4 hommes par 1,000 hommes. Quinze ans de service : douze ans sous les drapeaux, trois ans dans la réserve. Cette organisation militaire, sur le pied de guerre, peut s*élever à 1,440,000 hommes.

bes chiffres ci-dessus, s*élevant en total à 4,900,000 hommes, M. Rouher tire cette conclusion qu'un effectif de 700,000 hommes ne suf6t plus à la sécurité de la France, qu'il lui en faut absolument 800,000.

Tenant pour exacts les chiffres exorbitants qui précèdent, nous répondons :

Combien de temps peut durer ce monstrueux état, cet état contre nature, cet état contre civilisation, cet état contre raison, cet état contre moralité?

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