AOUT
Revue de la Sainte-Face
« Montrcz-nous, Seigneur, votre Face, et nous serons sauvés. »
Ps. LXXIX, 4.
SOMMAIRE
La connaissance de Jésus est une science indispensable. — Acte d’abandon à la Providence. — Autel dédié à la Sainte-Face. — Le Bonheur des affections humaines. — La Passion selon le Saint-Suaire. — Deux manières de souffrir. — Le Genre humain et les Philosophes. — Qui a fait le diable ? — Le Testament de Jésus. — Le dernier voyage d’un Marin. — L’Assomption et le Couronnement de la Très Sainte Vierge. — Les Pourquoi de la vie : Pourquoi souffrir. — Une idole adorée. — Le salut matinal à mon «Prisonnier d’amour» dans l’Eucharistie. — Les aveux d’un grand converti. — « Vous verrez cela, capitaine ! » — Pourquoi j’aime le Prêtre. — Ce que pensait un grand révolutionnaire de l’immortalité de l’âme. L’héroïsme d’un Prêtre. — Que je vous trouve heureux ! (poésie). — La Voix du Bon-Pasteur : Sa mission. — Une montre qui s’est faite toute seule. — Intentions de prières. — Histoire de Jésus (suite.) — II est bon d’avoir de quoi.
La connaissance de Jésus est une science indispensable
L y a sur cette terre bien des sciences sans valeur intrinsèque et beaucoup d’autres qui ne sont pas également utiles à tous; il en est aussi dont l’obligation ou l’utilité ne sont que passagères, ou qui n’influent que très indirectement sur l’en¬
semble de la vie.
Il ne peut en être ainsi quand il s’agit des choses éternelles. Nous sommes tous faits pour Dieu et nous nous en allons tous vers notre éternité. Il n’y a qu’une voie pour y parvenir, et c’est Jésus : Ego sum Via ‘ de même, il n’y a qu’une vérité qui renferme toutes les autres, et
c’est Jésus : Ego sum Veritas ; comme il u’y a qu’une vie, la vie de la grâce, qui puisse nous conduire à la vie de la gloire, et c’est toujours Jésus: Ego sum Vita.
Autant notre destinée est immuable, autant notre devoir d’y tendre sans cesse est essentiel. Or, nous ne pouvons avoir une intelligence exacte de notre destinée et des moyens mis à notre disposition pour y parvenir, que si nous connaissons Jésus. Tant que nous L’ignorerons, nous marcherons en aveugles ; et, par contre, dans la mesure où nous Le connaîtrons, nous assurerons et notre sanctification et notre salut éternel.
Nous pouvons être ignorants de bien des choses ; il ne nous est pas permis de l’être de Jésus. Maintenant qu’il est venu et qu’il s’est révélé à nous, Il est la Porte par laquelle il faut entrer, Il est le Pasteur qu’il faut suivre, Il est le Chef qu’il faut écouter, Il est le Maître qui doit nous enseigner, Il est le Seigneur qui doit nous commander, Il est la Lumière qui doit nous éclairer, Il est la Grâce qui doit nous secourir, Il est la Beauté qui doit nous ravir, Il est l’Amour qui doit nous embraser.
Si nous ne donnions point à cette connaissance approfondie de Jésus la place qu’elle doit occuper dans notre vie, nous manquerions au plus essentiel de nos devoirs. Aussi faut-il nous pénétrer de cette importante vérité : que nous sommes tenus, en tant que créatures et de par notre filiation divine en Jésus, d’avoirdecet adorable Maître une connaissance exacte et pratique, qui influe sur l’ensemble de notre vie et nous conduise à la fin pour laquelle nous sommes créés.
La connaissance de Jésus n’est facultative pour personne ; elle est une nécessité qui s’impose à tous et qui découle essentiellement de notre condition de créature humaine. Nous ne pouvons répondre aux desseins de Dieu sur nous et arriver à la perfection à laquelle nous devons tendre par l’intime de notre être, sans Jésus, sans sa connaissance et, par voie de conséquence, sans Lui rendre les devoirs auxquels II a droit.
Le méconnaître, serait nous condamner à notre perte éternelle. L’ignorer, serait le plus grand malheur qui puisse nous arriver. Ne point comprendre l’importance souveraine de cette science suréminente, serait créer des vides profonds dans notre âme, nous exposer à tous les dangers, paralyser notre vie et nous vouer aux pires erreurs. A nous plutôt de nous écrier, comme Saint Paul, dans la vivacité de notre foi et l’ardeur de notre amour : « Oui, tout me semble moins que rien au prix de la science du Christ Jésus , mon Seigneur ».
Il est une erreur spéciale qui malheureusement se rencontre assez souvent parmi les personnes de piété, c’est celle de croire que, pour servir fidèlement Jésus et pour faire des progrès dans la vertu, il suffise de connaître vaguement Jésus, de faire beaucoup de prières vocales et de s’acquitter de divers exercices de dévotion, sans se mettre en peine
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d’étudier Jésus, de chercher à Le mieux connaître et d’acquérir de cet adorable Maître une science qui nous Le révèle dans toute sa beauté et nous attache irrévocablement à Lui par un amour éclairé et généreux.
La connaissance de Jésus est d’autant plus nécessaire que l’on fait davantage profession de Le servir et de L’aimer par une vie plus exemplaire. Il n’y a pas de vertus sérieuses et solides qui ne soient calquées sur celles de Jésus ; il n’y a pas d’amour stable et vrai de Jésus, qui ne repose sur son éternelle charité et ne s’inspire des preuves divines qu’il nous en a données. Toutes choses qui supposent, non une connaissance superficielle de Jésus, mais une étude attentive, réfléchie et soutenue.
Si on se préoccupait davantage d’étudier Jésus dans ses divines perfections, dans ses mystères, dans sa vie mortelle et dans sa vie eucharistique, il y aurait moins de simples dévots mais bien plus de chrétiens sérieux et d’âmes vertueuses.
Cherchons donc à éclairer notre piété et à établir nos convictions religieuses sur une connaissance approfondie de Jésus. A mesure que celte science s’affermira dans notre âme, nous avancerons dans la vertu. Plus nous aurons de Jésus une connaissance développée, plus nous L’aimerons ardemment et voudrons le Lui prouver par une générosité plus grande à son service et par une imitation plus fidèle de ses vertus.
Demandons tous les jours à Jésus de nous attirer à Lui et de nous montrer combien est douce et suave l’obligation de Le connaître et de L’aimer.