HÉLÈNE, OLIVIER
HÉLÈNE, avec joie.
OLIVIER, avec émolion.
Ah ! vous du moins, vous ne me chassez pas, Hélène !
LA VOLEUSE D’ENFANTS
HÉLÈNE
Pourquoi celte méchante parole? que l’ai-je l'ait, moi ? suis-je responsable des torts de mon père! S’il t’a banni de son loyer, ne t’ai-je pas gardé la place dans mon cœur ?
OLIVIER
Pardonne-moi, mais... en entrant dans celte maison si pleine de souvenirs, dans celle maison où ma jeunesse a fait un si beau rêve .. en respirant l’air d’autrefois, de ce passé d’hier si heureux et si doux... ah! malgré moi mon cœur se brise... et mes yeux se remplissent de larmes! (n se iai<se
tomber sur un fauteuil.)
HÉLÈNE
Mon ami!... mon frère !...
OLIVIER
Tous les jours je rôde autour de cette demeure qui m’est fermée, et je ihe dis : Je la verrai peut-être I
HÉLÈNE
Oh ! je t’ai bien vu, moi ! ...
OLIVIER
Enfin, aujourd'hui, je suis entré malgré moi ; une force invincible me poussait comme pour un dernier adieu... car il me semble que je vais te perdre... et je n’ai que toi au monde.
HÉLÈNE
Et moi, ne suis-je pas seule aussi ? n’ai-je pas eu à souffrir de l’indifférence de mon père? et la mort de ma inère ne m’a-l-elle pas faite deux fois orpheline?... Olivier, je t’ai juré que je serais ta femme. . . et ce serment je ne l’ai pas oublié. Va ! aimons-nous et attendons I le ciel est avec ceux qui s’aiment I
OLIVIER, couvrant scs mains de baisers .
Ah ! chère Hélène!...
HÉLÈNE
Dès aujourd’hui... tout à l’heure, je parlerai à mon père.. . Il ne peut vouloir mon malheur... il consentira... nous serons ses deux enfants... D’ailleurs, ne m'as-tu pas sauvé la vie ? Alt ! je ne sais pourquoi, mais j’ai là comme une espérance infinie cl il me semble que notre épreuve est terminée. (on entend un bruit do voiture. Avec émotion.) C’est lui qui rentre à l’hôtel... il ne fuutpnsqu’il noustrous'e ensemble... sors par le jardin, mais ce soir, à neuf heures, sois là... et j’aurai, j’espère, d’heureuses nouvelles à le donner.