‹ La voleuse d'enfants drame en cinq actes en huit tableauxChapitre 41 sur 108 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

mon enfant après tout, c’est ma chair... c’est mon sang!... (Avec une énergio sauvage.) Je suis bien bonne de me taire... de la laisser à ce lord... à ce faux père qui ne peut l'aimer... qui ne l’aime pas... tandis que moi, moi!... (Réfléchissant.) Mais s’il refuse de me la rendre?... Eh bien! s’il refuse, il y a des juges... j’irai les trouver .. et ils m’entendront... et ils me croiront... On nese trompe pas aux accents d’une mère... et ils me rendront ma fille... (Arec nne conviction heorenso.) oui... oui... ils inc la rendront!... (Regardant autour d’elle et après uo long silence.) Qu’aurais-je à lui offrir à la place de ce luxe, de ce bien-être auxquels elle est accoutumée? les privations, la misère!... Et puis, ce jeune homme qu’elle aime, voudrait-il l’épouser, quand il apprendrait que je suis sa mère? Je la condamnerais aux regrets, au desespoir... je verrais couler ses larmes... Ah! taisons-nous!... gardons mon secret!.,, contentons-nous de la voir, de veiller sur elle... d’être témoin de son bonheur... Oui, je la verrai marcher et sourire, je l’entendrai parler! Et qui sait, si elle me prend en amitié, je deviendrai peut-être la confidente de ses petits secrets. Et puis, dans l’année, il y a de grandes fêtes, Pâques, la Noël; alors, ces jours là, je lui dirai: Mademoiselle, voulezvous me permettre de vous embrasser? Et peut-être bien qu’elle m’embrassera d’elle-même, sans queje le lui demande. Ahl c’est ces jours-là queje serai heureuse!

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