‹ La voyage dans la lune (volume 2)Chapitre 23 sur 65 · NOS GRAVURES · texte numérisé non relu

NOS GRAVURES

Élection présidentielle aux États-Unis

ous avons fait suivre à nos lecteurs les différentes phases de l'élection présidentielle des État-Unis. Comme on le sait, M. Hayes, gou ■ verneur de l'État d'Ohio, a été proclamé présiia à une majorité aussi discutée que discutable, nlhousiasme des amis politiques du successeur ant a été d'autant plus vif que la victoire avait longtemps indécise. Lorsque, sans être officiel résultat du dépouillement des votes fut certain, euses députalions de la population de Columbus liciter le gouverneur Hayes, et, le 1er mars, lui-ci quitta, avec sa femme, la capitale de ur se rendre au chemin de fer, il fut suivi par nse concours de population. A tous les arrêts même affluence et même chaleur d'accueil, uit du 1er au 2 mars, le colonel Wiere, de la M. Hayes, reçut une dépêche annonça it la on du dépouillement des voles et la procla- M. Hayes comme président, et la communiui-ci.

hington, une pluie battante ne put décourantliousiastes, qui accueillirent le président et lièrent la voiture devant le conduire, avec sa hez son nmi le général Sherman. Le lendeept heures du soir, M. Hayes se rendait à la anche, demeure officielle du président des , pour prendre possession du pouvoir. Le lene nouveau président était proclamé officielles une cérémonie des plus solennelles qui a eu péristyle du Capitule de Washington. Là, en de tous les dignitaires, de la population et des I. Hayes a prêté le serment. Auprès de lui se 1. Grant, président sortant, et le chief-justice >mme délégué pour recevoir le serment du président, lequel, tenant la main levée, s'est maintenir l'Union, à respecter et à faire oblois, scène émouvante que représente notre

a Crémation des cadavres à Milan

1 a trois nus environ, il mourut à Milan Albert Koller, une espèce de philanthrope, sant par son testament un lags assez impor- (30,000 francs, je crois) à la ville, avec l'opour tlle, de créer avec ce capital un monuiné à servir à la crémation des cadavres, tisan de ce mode de sépulture dont il avait onisé les bienfaits de son vivant, il mit le a générosité en offrant son corps, après avoir gent nécessaire à ériger cet édifice dispenle était la volonté du mourant, qui fut exétuellement.

ument fut construit, l'appareil crématoire rès divers projets présentés et soumis à une n spéciale, et, à l'époque fixée, l'opération ec une certaine solennité. U y eut un moment asme; on fit des discours; chacun jura de se er, et on se retira satisfait de la journée. L'édonné. Il s'éleva alors un grand tumulte parmi M>8 de l'idée nouvelle et ceux pour lesquels la «t une loi immuable, ou bien qui se trouvèlés dans leurs convictions et dans leurs sentiar l'audace de cette innovation, considérée un sacrilège abominable, comme une profanadevail attirer la colère du ciel. Les crcmïstes la propagande; des listes furent présentées ueillir des adhésions; on s'inscrivait pour se net; comme on souscrit un billet à ordre ou à unt en vogue. Des dames même se rangèrent > crémistes. Malheureusement, après tant de î s aperçut que si, en théorie, l'idée était meren pratique, elle devait se heurter à une M-onvénients qu'on ne parviendrait à •écarter !<■ longues et sérieuses études. L<\ commission [i cet eiret ne tarda pas à s'en apercevoir, et à l'œuvre pour surmonter les obstacles

La salubrité publique devait gàgne^ën^ëûrcënT

avec ce nouveau mode de sépulture.

Personne n'ignore que Milan est blUi sur des terrains d'alluvions qui facilitent toutes les infiltrations. On trouve l'eau à deux ou trois mètres de profondeur, et nos puits ne sont alimentés que par des eaux qui, avant de s'y rendre, ont lavé le sol des cimetières. Ces foyers de corruption anéantis, l'inhumation abolie, plus de miasmes, plus d'exhalaisons délétères dans les fortes chaleurs; parlant, plus de maladies contagieuses, presque plus de malades.

M. A. Koller fut donc réduit en cendres; seulement, relie première expérience fui très-imparfaite, car le sujet n'offrait pas toutes les garanties voulues pour assurer un résultat positif. A sa mort, le cadavre fut embaumé pour donner le temps de créer l'appareil et surtout pour attendre l'autorisation du ministère, qui permit cette expérience, chose qui ne fut pas facile à obtenir. Or, le manque des intestins et la dissection des chairs qui, dans leur état naturel, devaient par euxmêmes offrir le plus de résistance à la combustion, se trouvèrent supprimés et ne permirent pas de donner une opinion exacte sur la force de l'appareil.

On tenta une autre crémation avec le cadavre d'une dame morte avec la volonté exprimée de se faire crémer. Les résultats ne furent pas encore décisifs et on dut remettre l'expérience à une autre fois.

Enfin, hier, samedi 17 mars,, eut lieu la troisième opération, exécutée avec les modifications introduises dans l'appareil à la suite des observations failes sur les inconvénients qui se sont présenlés pendant les autres expériences.

La commission chargée de surveiller ces études s'est donné toutes les peines du monde pour obtenir un cadavre de l'hôpital Majeur. On ne trouve pas tous les jours des morts de bonne volonté se laissant crémer. L'hôpital, par un excès de délicatesse, se refusait à remettre le cadavre, si au préalable on n'avait obtenu la permission de la famille du défunt. Faut-il ajouter que celte permission fut presque impossible à se procurer, et que tous répondirent par un non?

Enfin, à la dernière heure, on obtint le consentement de la famille d'un vieillard de soixante et un ans, murt la veille, consentement qu'on n'obtint qu'après lui avoir offert le montant d'un semestre de loyer, gratification jugée irrésistible par la conscience de ces scrupuleux parent*.

M. le maire, comte Jules Bellenzaghi, et son adjoint, M. le chevalier assesseur Stef; Labus, surintendant des cimetières, assistaient à cette nouvelle épreuve. Un public choisi de docteurs, d'écrivains et de journalistes, ainsi que quelques dames attirées par la curiosité, et qui avaient bravé les intempéries de la journée, forma'enl un groupe attentif a toutes les phases de l'opération. On introduisit le cadavre dans l'appareil crématoire, qui a la forme extérieure d'un sarcophage antique el qui est placé au cenlre de la coupole du petit temple, et immédiatement on vit disparaître la flamme de gaz qui sortait par une ouverture pratiquée sur la crête du cercueil. L'opération de la crémation commençait, et chacun pouvait se rendre compie des progrès de la combustion en regardant à travers une petite lucarne en verre ménagée au fond de l'appareil el qui laissait voir tout l'intérieur du foyer.

L'appareil adopté pour la crémation a été construit sur les données de MM. les docteurs Polli et Clericetti.

Il consiste (je parle de l'intérieur, bien entendu) en deux grilles superposées, aux barres creuses, percées de 480 trous livrant passage au gaz, et formant ainsi un vrai lit de flammes sur lequel on étend le cadavre. La première grille est mobile, et, grâce à un syslème spécial, elle sort de l'appareil pour recevoir le cadavre qu'elle replace au poste fixe; la seconde grille est fixée et les flammes sont disposées de manière à combler les vides de la première, afin de ne laisser aucune place du corps intacte parle fen. Un conduit plus puissant vient jeter une plus forte quantité de flammes sur les parties du corps plus difficiles à être carbonisées, c'est-à-dire sur le ventre et sur la tète.

Eu b en, malgré tout cola, cette fois encore, les résultats n'ont pas été satisfaisants. Après une heure el demie environ de combustion, le cadavre, qui pesait à son entrée dans l'appareil 43 kilogrammes, a donné un résidu de 4 kilogrammes environ, ce qui est encore le double de ce que l'on doit obtenir pour une parfaite combustion.

Je vous envoie une esquisse du temple Koller à l'ar-

rivée du cadavre. Sur le frontispice de ce pelil ment, qui ne manque pas d'une certaine é égal lit ces paroles :

Tempio Cremntorio, pervolonta del nobile Albert eretto e donato alla Citta di Milano.

OSWALD Lfl

Les Charlatans de la Lune

£L T)\NGIN et ses confrères ont disparu. Ill Li/f n'y a plus de charlatans à la foire a) 'i-MAl d'épice; il n'y en a plus à la fêle de Vi>~jÇ«L9Cloud ; les seuls, les vrais, les uniques,! tent plus... que dans la Lune, à travers le vastf du théâtre du Châtelet, devenu véritable plal blique, où Christian et Zulma Boudai fonl tous lel avec un entrain cl une verve endiablée, le « bf de l'humanité ! n

Nous n'avions pas publié, lors de l'appariti Voyage dans la Lutte à la Gaflé, cette scène, qj tant de succès depuis; nous faisons donc, nousl notre reprise, lui souhaitant auprès de nos specl le succès qu'elle retrouve en réalité maintenu la brillante féerie du Châtelet. Boum!

Frédéric Barberousse aux pieds du PapJ

£)ous suivons avec sympathie, depuis plu années, le talent, toujours grandi>sal M. Abert Maignan, qui s'est affirmé d'i[ 'çon si complète dans le remarquable il que nous reproduisons, une des médailles les placées du dernier Salon. Quoique pli n de qj les premières œuvres de ['artiste gardaient l'ernl de ses premiers maîtres, Jules Noël el LuminaisJ les auraient pas toujours désavouées, mais onaj plus d'un pinceau aussi bien doué; on voulait personnel. L' Embarquement de Guillaume le rant, l'Insulte aux "prisonniers albigeois, sont! d'étapes dans celle voie qui aboutit au succès | time du Frédéric Barberousse de cette année,! classe son auteur au premier rang dans la pléf jeunes maîtres qui sont l'espoir de l'art conter

Voici, pour le sujet traité, le sonnet patrioij M. Dézamy, extrait de l'Album de photograi M. Goupil, où figure également ce tableau.

A l'heure où le pouvoir temporel agonise, A l'heure où le bon droit par la force. est saigné,| Il faut vous rappeler à l'esprit innigué, Souvenirs d autrefois que l'histoire éternise!.

Lorsque, sous le portail de Saint-Marc, à Venise, | Birberousse, — vaincu, mais non pas résgi.é, — S agenouilla devant ce pape dédaigné Qu'il avait exilé des Eiais de l'Eglise,

Le vicaire du Christ au monarque allemand

Dit: « Souviens- toi, mon fils, de cet enseigneuieni

« Celui qui voit les cœurs et qui les juge en maîtJ

« Peut terrasser des rois l'orgueil et la fureur, « Et faire, s'il lui platt, qu'un vieillard et qu'un , « Triom ,he d'un puissant et terrible empereur! »

ADRIEN DIÎZAMl

Les Fêtes de Pâques, en Russie

E peuple russe est profondément altaclil

Ë culte. Le sentiment religieux qui est innj lui le prédispose à la prière et le conc 5 foule, sous les voûtes de l'église, au

divin.

Parmi les grandes fêtes célébrées en Russie en| neur de Jésus-Christ, la plus importante est la Pâques.

Dans la nuit du samedi au dimanche saint, sort du temple à minuit pour célébrer la résurl du Christ et apporter la bonne nouvelle au peupf tables, recouvertes de blancs tapis, sonl plac porte de l'église, el le prêtre bénit à droite el à sur son passage les pains de beurre en forme de mides, les gâteaux el les œufs placés sur les Les pains de beurre et les gâteaux sont ornés d{ rameaux que l'on conserve religieusement le rj année.

Bravo ! bravo !

VLAN

Caprice, tu n'es pas raisonnable... moi, tou père, me forcer à jouer le rôle d'un simple Vert de Gris! Si l'on me voyait de là-bas.

Tais-toi donc, papa, il le faut! En avant la musique ! (a part.) Je ne vois pas encore Cosmos... il ne tardera pas. (Bas à vian.) Comment les occuper?

VLAN, do mémo.

Laisse-moi faire. (Haut.) Maintenant, mesdames et messieurs, permettez-moi d'appeler votre attention sur une découverte aussi précieuse qu'utile... Depuis que je suis sur le trô... (so reprenant.) depuis que j'exerce sur les places publiques, (a part.) un peu plus j'allais me couper! (Haut.) depuis dis-je, que j'exerce sur les places publiques, je n'ai encore rien vu de semblable... Avez-vous un vieux chapeau? oui,

n est-ce pas? (Désignant le bourgeois qui est au milieu de la foule.) J'a-

perçois justement monsieur qui en a un d'une malpropreté repoussante... Passez-moi le ebapeau de monsieur!..

LE BOURGEOIS

Mais...

On lui enlève son chapeau que l'on passe à Vlau. VLAN.

Horrible, votre chapeau, monsieur... je ne comprends pas que vous osiez sortir avec un ebapeau pareil.

LE BOURGEOIS, furieux.

Monsieur!..

VLAN

Enfin, n'importe... pour quatre francs, je vous en rendrai un neuf. Passez-moi les quatre francs de monsieur!..

LE BOURGEOIS

Mais... oc

Passez -moi les quatre francs de monsieur!., (on fouille la

bourgeois et on lui prend de l'argent qu'on fait passer à Vlan.) Merci... A

présent regardez bien ce que je fais du ebapeau... (n l'aplatit,

le déchire et le foule aux pieds, après quoi il le rend gracieusement au bourgeois.)

Monsieur...

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