Crevier, t. IV, p
Cependant les princes demandaient à Eugène IV de révoquer ses anathèmes et ses décrets de dissolution ; l'empereur Sigismond arrivait soudainement à Bàle en octobre 1433; il ménagea une réconciliation dont Eugène IV faisait tous les frais; le Pape révoqua ses Bulles précédentes et autorisa le concile à continuer ses sessions.
Cette indulgence ne fit qu’enhardir les rebelles. De janvier 1434 au 16 septembre 1437, où Eugène casse ce qui s'est fait à Bàle, sauf les négociations avec les Ilussites, et transfère le concile à Ferrare, c’est une suite de criants attentats qui vont croissant. Le concile s’attribue tout pouvoir, prive le Saint-Siège de ses revenus, défend les appels en cour de Rome autrement que dans les cas extrêmes, casse les censures prononcées par le vicaire de Jésus-Christ, voit accourir la lie de l’ordre ecclésiastique de l’univers, se permet de déclarer milles les promotions au cardinalat faites par Eugène IV, retranche au Pape la plus grande partie de ses revenus, impose des impôts au clergé, distribue des indulgences, canonise des saints, et dépouille le Pape, comme plus tard les deux premières assemblées révolutionnaires dépouilleront Louis XVI.
En 1436 Eugène IV envoie ses ambassadeurs dans les cours avec un long mémoire chargé de dénoncer aux princes toutes ces sacrilèges usurpations1 !
Spectacle plus navrant, si c’était possible. Les Grecs demandent à s’unir; ils réclament une ville où ils puissent aborder moins difficilement. Le concile promet, et revient sur sa parole. Pour se faire une idée de ses séances, il suffit de lire la vingt-cinquième session tenue le 7 mai 1437. Les évêques décident que l’on accordera aux Grecs une ville du littoral de l’Adriatique; la cohue des clercs, que ce sera Bàle, Avignon, ou une ville de Savoie. Les deux parties se disputent les sceaux par la violence et la fraude afin de contresigner ces décisions contraires3. Eugène IV confirmant le choix des évêques transfère le concile à Ferrare et envoie des galères à Constantinople pour en amener les Grecs. Les schismatiques de Bàle équipent aussi des vaisseaux, les dirigent sur Byzance, et furieux de voir que les Grecs bien inspirés sont montés sur les galères pontificales, osent bien leur dire qu’ils ont encouru les censures ecclésias-