CHAPITRE V
LES XII ARTICLES (folio clii-clxiii)
Sommaire : I. — La fausseté des XII articles démontrée par Bouillé. — Traduction de la réfutation qu’il fait du premier seule reproduite.
II. — Corrections demandées par les assesseurs négligées. — Les iniquités de la sentence. — Combien il est faux de dire Jeanne relapse. — Quand Bouillé a dû composer son mémoire. — Les circonstances favorisent la révision du procès.
Bouillé en vient ensuite aux douze articles; et il annonce ainsi ce qu’il se propose d’en dire : « Il faut considérer la fraude manifeste qui a présidé à la rédaction des douze articles transmis aux consulteurs. La rédaction en est mensongère, incomplète, calomnieuse; il suffit de les examiner successivement.
« Le premier est ainsi conçu : une femme dit et prétend, etc. [voir page 153 , dans ce volume).
« On passe sous silence le nom et Page de cette femme, 19 ans environ, ainsi qu’elle Pa déclaré elle-même. L'on ne dit rien de la qualité de la personne : une fille simple et pauvre, ainsi quelle s’en expliquait lorsque, avertie de venir en France, elle répondait : Je ne suis qu'une pauvre fille qui ne sais ni monter à cheval , ni conduire la guerre (Proc., 1. 1, p. 53).
« L’on ne dit pas si elle avait conservé ou perdu sa virginité. Cependant il était authentiquement constaté qu elle Pavait gardée, ainsi que Pattestent de nombreux témoins.
« On fait sonner dans cet article qu’elle fréquentait les fées auprès d’une fontaine, non loin d’un grand arbre. Il n’y a pas au procès une seule pièce qui établisse ce bruit public. On omet de dire dans cet article que Jeanne reçut sa première révélation dans le jardin de son père, en plein midi; qu’elle en ressentit une grande frayeur; qu’elle ne croit pas aux fées; bien plus, qu’elle pense qu’il y a là du sortilège.
« Sainte Catherine et sainte Marguerite, dit-on dans ce même article.