XIII. — Omission du chapitre suivant de Berruyer
Il faut d’abord savoir qu’il y a une double manière d’arriver à la connaissance. L’une avec certitude (ou a priori ), et de cette manière nul ne peut connaître les révélations de Jeanne, à moins d’en recevoir lui-même révélation. L’on ne peut en effet connaître un objet de cette première
LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS
manière, qu’en Tenvisageant dans sa cause ; mais Dieu, cause des révélations, nous est inconnu à raison même de son excellence, selon cette parole de Job : Dieu est grand et dépasse notre science (Job, XXXVI). Personne donc ne peut connaître avec certitude [a priori) si ces révélations viennent de Dieu, à moins que Dieu leur auteur ne le lui ait révélé. L’Apôtre ne nous dit-il pas que, de même que parmi les hommes nul ne peut connaître ce qui est de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ; de même aussi nul ne peut connaître ce qui est en Dieu, si ce n’est l’esprit de Dieu? (I Cor., IL)
Il y a une autre manière d’arriver à la connaissance : c’est par des déductions ( conjectur aliter ), par des signes; et de cette manière nous pouvons connaître que les révélations de Jeanne viennent de Dieu, et non de l’esprit de mal ; cela peut se conclure des considérations précédentes ; mais nous trouverons des preuves encore meilleures dans les onze considérations suivantes. Ce n’est que de cette manière que, dans tout ce qui dépasse notre intelligence, nous pouvons nous former un jugement.