IV. — Protestation de Berruyer
CONDAMNER JEANNE A ÉTÉ UNE TÉMÉRITÉ, UNE INJUSTICE; LA LIVRER AUX FLAMMES UNE IMPIÉTÉ.
Il a été prouvé qu’à moins d’une révélation divine, personne ne pouvait savoir avec une certitude absolue si les révélations qu’elle disait avoir reçues venaient de Dieu, du démon, ou étaient d’invention humaine. Il a été téméraire d’affirmer qu elles venaient du démon, ou qu’elles avaient été criminellement controuvées.
Si, à moins de révélation expresse, l’on ne pouvait pas savoir avec une certitude absolue que ces révélations venaient de Dieu, bien des inductions établissaient leur origine divine. On pouvait le déduire surtout des œuvres merveilleuses, si ardues, accomplies contre toute attente par la jeune fille; de la prédiction de tant d’événements futurs, dépendant de la libre volonté des hommes, connus certainement de Dieu seul et de ceux auxquels il en aurait fait révélation; événements qui se sont accomplis, comme ils avaient été prédits.
Sur ces paroles de l’Apôtre aux Romains (XIV) : que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, la glose fait cette remarque : dans le doute il faut interpréter en bonne part. Donc, dans le doute si ces révélations venaient de Dieu, du démon, ou étaient une coupable invention, il fallait dans le jugement incliner vers le sentiment le plus humain, le plus