CIO
LA PIT.ELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS
étaient fort ardues ; les théologiens et les canonistes se respectaient trop pour les résoudre par l’imagination, ou pour donner leur sentiment personnel, sans l’appuyer du sentiment des maîtres. Dans les ouvrages de ce genre de l’ordre civil, les jurisconsultes 11e renvoient-ils pas aux articles du Code, ne citent-ils pas les décisions des cours, la doctrine admise en jurisprudence? Comment pourraient-ils étayer autrement leurs solutions?
Il y a dans les manuscrits plus de fautes de copistes ? Cela doit être, puisque les manuscrits à reproduire sont cinq ou six fois plus longs; un changement brusque de rédaction? Cela n’atteint pas plus la marche du procès que les fautes des calligraplies. Alors que ces copistes auraient fait des fautes, il n’y aurait pas à incriminer le procès en lui-même. Sans pouvoir comparer avec d’autres documents similaires, ces fautes de transcription semblent assez légères. Paléographe d’occasion, à l’aide d’un manuel, celui qui écrit ces lignes, après quelques jours de tâtonnement, a pu déchiffrer les mémoires qu’il a donnés ici, sans être arrêté par des difficultés atteignant le vrai sens et la suite de la phrase. Le paléographe diplômé qui lui a transcrit le mémoire de Bréhal ne semble avoir remarqué dans la transcription que les difficultés qu’offrent la plupart des manuscrits de l’époque.
Il est nécessaire d’insister puisque, entraînés par l’autorité de Quicherat, des auteurs même catholiques semblent préférer l’œuvre juridique de Cauchon à celle des juges de la réhabilitation. Qu’il soit donc permis de répéter encore, puisque la gloire de Jeanne l’exige, qu’il ne faut pas étendre l’autorité de Quicherat au delà des limites de ce qui est de sa compétence, la paléographie. On aurait tort de se laisser prendre à une modération plus apparente que réelle. Élevé par l’Université césarienne, homme de la génération de 1830, il partageait à l’égard de l’Église les préjugés haineux et mesquins d’une époque où la bourgeoisie, fille d’Arouet, se promettait si niaisement un règne sans fin.
Il reste à exposer, en les dégageant des formules juridiques, la suite et le fond des travaux de la commission apostolique.