Opéra ipsius
LA PUCELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS
Le roy, depuis la venue de la ditte Pucelle, a observées et tenues euvres et les deux meurs dessus dittes; c’est à savoir par prudence humaine, en demandant 1 signe de Dieu. Quand à la première, qui est par prudence humaine, il a fait esprouver la ditte Pucelle de sa vie, de sa naissance, de ses meurs, de son entention, et l’a fait garder avec luy, bien par l’espace de six semaines, (pour) à toutes gens la démonstrer, soyent clers, gens d’Église, gens de dévocion, gens d’armes, femmes, veuves et autres. Et publiquement et secrettement elle a conversé avec toutes gens; mais en elle on ne trouve point de mal, fors que bien, humilité, virginité, dévotion, honnesteté, simplesse; et de sa naissance et de sa vie, plusieurs choses merveilleuses sont dites comme vrayes3.
Quand à la seconde manière de probacion, le roy lui demanda signe, auquel elle respont que devant la ville d’Orléans elle le monstrera. et non par ne en autre lieu : car ainsi lui est ordonné de par Dieu3.
Le roy, attendu la probacion faicte de la dicte Pucelle, en tant que luy est possible, et nul mal ne treuve en elle, et considérée sa responce, qui est de démonstrer signe divin devant Orléans ; veue sa constance et sa persévérance en son propos, et ses requestes instantes d’aler à Orléans, pour y montrer le signe du divin secours, ne la doit pas empescher d’aler à Orléans, avec ses gens d’armes, mais la doit faire conduire honnestement, en sperant en Dieu. Car la doubter ou delaissier sans apparance de mal, serait répugner au Saint-Esperit, et se rendre indigne de l’aide de Dieu, comme dist Gamaliel en ung conseil des juifs au regart des apostres (Procès y t. HT, p. 391 ).
1. Il y a ici une variante notable. Le texte de Thomassin est ainsi conçu : Mon dit seigneur le Daulphin en ensuivant la dicte délibération fist esprouver la dicte Pucelle de sa naissance, de sa vte, de ses meurs et de soniniencion et n'y trouva /ors que tout bien puis h fist garder bien et honnêtement par l'espace de sia: sepmaines en la toujours examinant .
2. ...Et fut monstrée à clers, à gens d'eglise, à gens de grande prudence et dévocion , à gens d'armes, à femmes honnestes, veuves et autres publiquement et seci'ètement. La dicte Pucelle a conversé avec toutes manières de gens, mais en elle on n'a trouvé que tout bien, comme humilité, virginité , dévotion, honnesteté en toutes choses et simplesse.
3. Mon dit seigneur le Daidphin lui demanda et pria qu'elle fit aucun sigite pour quoi on deust adjouster foy a elle qu'elle fust envoyée par Dieu. Elle respondit que devant la ville d’Orléans elle le montrerait et non pas avant ni en aucun autre lieu. Car ainsi lui avait ordonné de par Dieu. Les choses dessus dictes faittes fut conclu : Attendu la dicte probacion faicte par mondict seigneurie Daulphin, etc. (Communiqué parle R. P. Charrier d’après un manuscrit de la bibliothèque de Grenoble.)
ORAISONS POl'R LA DÉLIVRANCE DE LA PUCELLE PRISONNIÈRE.
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