ORAISON
« O Dieu, auteur de la paix, qui sans arc et sans flèche broyez les ennemis de ceux qui espèrent en vous, secourez-nous, nous vous en supplions; prenez en pitié notre adversité. Vous qui avez délivré votre peuple par la main d'une femme, faites que Charles notre roi lève par vous un bras victorieux; qu’il puisse vaincre maintenant des ennemis qui se confient dans leur multitude, se glorifient dans leurs flèches et leurs lances; et qu enfin un jour, avec le peuple qui lui est confié, il repose auprès de vous qui êtes la voie, la vérité et la vie. Par Notre-Seigneur Jésus- Christ1. »
L’allusion est bien claire : elle l’est plus spécialement dans le verset : remplissez-les de frayeur et confondez leur audace , dans le répons : qu'ils soient ébranlés dans le fond de leur être. La présence de la Pucelle avait glacé de terreur les soldats anglais. Cette même allusion se trouve encore dans ces mots : Vous avez délivré votre peuple par la main d'une femme.
A la suite de l’oraison on lit ces mots : fin de la prière pour la Pucelle dans le roxjaume de France. Ce qui indique qu’elle se récitait dans tous les pays qui reconnaissaient Charles VII pour leur roi.
Jeanne ne pensait nullement que sa mission finissait à Reims; ses lettres, ses réponses à Rouen, protestent contre une donnée qui ne doit plus trouver place dans son histoire; la France pensait comme la Pucelle.