Monstrrlbt, ch. CCIII
pour s’efforcer d’y rapprocher les partis; ils s’y trouvaient durant les massacres de juin, ne furent pas sans courir de réels périls, et ne cessèrent pas pour cela de travailler à la paix. Elle fut conclue à Prouilly. Paix de fort peu de durée, la France avait encore de longues expiations à subir; mais les jours de l’assassin du duc d’Orléans, du héros des sanglantes journées cabochiennes, touchaient à leur terme. Le 10 septembre 1419, Jean sans Peur tombait sur le pont de Montereau, massacré comme sa victime de 1407.
Le meurtre, quelle qu’en ait été l’occasion ou la cause, devait mettre le comble aux malheurs de la France. Les Parisiens à cette nouvelle renouvellent leur serment de fidélité au parti bourguignon, donnent la chasse aux derniers restes du parti Armagnac, et témoignent leur douleur en multipliant les services funèbres, où l’Université prend sa large part. Le faux bourgeois qui lui appartient écrit dans son journal : « Oncques à pape, ni empereur, ni à roi, ni à duc, on ne fit autant de services, après leur trépassement, ni aussi solennels, comme on a fait au duc de Bourgogne que Dieu pardonne. A Notre-Dame de Paris il fut fait le jour de saint Michel, le plus piteusement (de la manière la plus émouvante) que faire se peut. Y avait trois mille livres de cire... Là eut lieu un moult piteux (très émouvant) sermon que fit le recteur de l’Université1. »
L’alliance conclue secrètement avec l’Anglais par le père le fut hautement par Philippe, le fils de Jean sans Peur. Quelques mois après (mai 1420) le traité de Troyes mettait fin à nos annales en faisant de la France une province anglaise. Le vainqueur d’Azincourt, devenu le gendre de Charles VI, était reconnu comme le futur héritier du royaume dévolu pour toujours à sa postérité. Il prenait dès ce moment le titre de régent, et le nom de fils, tandis que le vrai fils, le Dauphin Charles, était répudié, désavoué, proscrit, reconnu inhabile, lui et sa race, à régner en France. C’est la substance du traité parricide. L’Université y eut grande part. Elle était représentée à Troyes par sept de ses docteurs ; l’on peut voir dans son historien du Boulay la lettre qui les accréditait au nom de tout le corps2.
On la trouve dans tous les actes anti-nationaux qui se succèdent durant les seize ans de la domination anglaise à Paris. Pendant le mois de décembre 1420 que le Lancastre passe dans la capitale de France, l’Université est mêlée aux ovations que lui décerne la cité anti-française. Sa docilité est telle que le roi de la Tamise peut impunément attenter à ses privilèges fiscaux, dont elle est pourtant si jalouse. Les trois États