Crevier, t. IV, p
LES PRINCIPAUX BOURREAUX DE LA PUCELLE
tiendrait aujourd’hui, et dont plusieurs seraient justement taxées d’hérésie \
La prétendue mère était une marâtre pleine d’arbitraire, exigeant des actes que n’eùt jamais demandés la vraie mère, l’Église Romaine.
Erard fut un des premiers choisis pour le concile de Bâle. Si Courcelles en fut l’âme, Erard en fut le père. Il se hâta de s’y rendre aussitôt après le forfait de Rouen. Il n’y avait presque personne. Il se démena grandement pour y faire venir du monde, et en attendant, il dit dans une do ses lettres qu’on n’y perd pas le temps, mais que l’on y prépare les matières qui devaient être soumises à l’assemblée.
Dans une autre lettre (avril 1432), il annonce qu’ils viennent de sommer les Cardinaux et même le Pape d’avoir à venir à Bâle. L’assemblée ne comptait que 15 évêques ou abbés mitrés. Le Pape venait de dissoudre ce ridicule Concile œcuménique. Erard, qui le savait fort bien, n’en parle que comme d’un bruit; mais qu’il soit fondé ou non, dit-il, le concile ira de l’avant *.
Cet ennemi du Saint-Siège était grandement Anglais. Les conquêtes de Charles Y1I lui firent perdre les prébendes canoniales dont il touchait les revenus à Langres et à Laon ; il en fut dédommagé par celles qui lui furent données en Normandie. En 1435 il était grand vicaire de Rouen ; le gouvernement anglais l’envoya à Arras porter au congrès les violentes prétentions qu’il voulait y faire prévaloir 3.
La libre-pensée peut frapper sur Guillaume Erard ; c’est un de ses pères; il était aussi faux catholique qu’il avait été faux prêcheur au cimetière Saint-Ouen ; les vrais catholiques n’ont aucun intérêt à ménager pareille mémoire.
Ils ne conservent pas plus de sympathie pour celle de Nicolas Midi. Ce fut encore un des plus odieux bourreaux de Jeanne. Il porte l’opprobre de lui avoir lancé la dernière insulte ; il la prêcha, et il prêcha l’assistance avant le supplice. Il terminait ainsi le rôle infâme qu’il a joué dans le drame lugubre.
Nicolas Midi était un des six docteurs mandés de Paris pour diriger les interrogatoires. Il y fut fort assidu, ce qui rend encore plus criminel l’acte dont il semble s’être chargé. Nicolas Midi est grandement soupçonné d’avoir rédigé les XII articles présentés à l’Université de Paris, et aux docteurs de Normandie comme un résumé des aveux de Jeanne, et la pure substance des faits acquis par l’instruction4. Œuvre de calomnie et de