H0SE8 MERVEILLEUSES ONT ÉTÉ DITES COMME VRAIES
Quaat à la seconde manière de probation, mondit seigneur le Dauphin 1^ demanda et pria qu'elle fit quelque signe, pour quoi on devait ajouter
*• In autre texte fait dire aux docteurs, non obstant que ces promesses soyent seules "f^ke$, Quicherat Ta préféré au point de voir un contresens dans celui de Thonias- ^^(hocèi, t. IV, p. 306, note). 11 est manifeste que le célèbre érudil se trompe. Le 'ens donné par Thomassin est celui de la chronique de Tournay ; il est plus naturel; elen adoptant dans notre premier volume le sentiment de l'éditeur du Double Procès, ïw^us avons trop accordé à son autorité.
foi à elle qu'elle fût envoyée de Dieu. Elle répondit que devant la ville d'Orléans, elle le montrerait, et non pas avant'ni en aucun autre lieu; car ainsi lui avait été.ordonné de par Dieu.
Les choses dessus dites étant faites, il fut conclu, attendu ladite probation faite par Monseigneur le Dauphin en tant qu'à lui il a été possible, et (attendu) que nul mal n'a été trouvé en ladite Pucelle, et considérée sa réponse qui est de montrer un signe devant Orléans, vu sa constance et sa persévérance en son propos et ses instantes requêtes de l'armer et d'aller devant Orléans pour y montrer signe de divin secours, [lY fut conclu] que Monseigneur le Dauphin ne la devait point empêcher daller à Orléans avec ses gens d'armes, qu'il la devait faire conduire honnêtement, en ayant bonne espérance en Dieu; car la rebouter ou délaisser sans apparence de mal, ce serait répugner au Saint-Esprit, et se rendre indigne de la grâce et aide de Dieu, comme dit Gamaliel au conseil des Juifs contre les Apôtres.
Vue et considérée la conclusion, mondit seigneur le Dauphin fit armer et équiper la Pucelle.
J'ai ouï dire à ceux qui l'ont vue armée qu'il la faisait très bon voir; et qu'elle s'y contenait aussi bien qu'eût fait un homme d'armes. Et quand elle était sur le fait des armes, elle était hardie et courageuse, et parlait hautement du fait des guerres. Et quand elle était sans harnais, elle était moult simple et peu parlante.
Avant qu'elle voulût aller contre les Anglais, elle dit qu'il fallait qu'elle les sommât et les requît de par Dieu d'avoir à vider le royaume de France. Elle fit écrire des lettres qu'elle-même dicta, en gros et lourd langage et mal ordonné. J'en ai lu les copies dont la teneur 3'ensuit. Et au-dessus dcsdiles lettres il y avait écrit : « Entendez les merveilles de Dieu et delà Pucelle * ».
« Roi d'Angleterre, faites raison au roi du Ciel de son sang royal. Rendez à la Pucelle les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez enforcéescn France. Elle est venue de par Dieu pour réclamer tout le sang royal. Elle est toute prête de faire paix, si vous voulez faire raison, par ainsi que rendez France {pourvu que vous rendiez France)^ et payez de ce que vous Tavez tenue. Et si ainsi vous ne le faites, je suis chef de guerre; en quelque lieu que j'atteindrai vos gens en France, s'ils ne veulent obéir» je les en ferai issir [sortir)^ veuillent ou non ; et s'ils veulent obéir, je les prendrai à merci. Elle {/a Pucelle) vient de par le roi du Ciel, corps pour corps, vous bouter hors de France. Et vous promet et vous certifie U Pucelle, qu'elle fera si grand hahay [bruit^ remue-ménage)^ qu'il y 1
1 . Thomassin divise on plusieurs lettres le document, au fond identique, qui, ailleurs, est présenté comme ne formant qu'une seule et même pièce.
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mille ans qu'il n'en fut si grand en France. Si vous ne lui faites raison, croyez fermement que le roi du Ciel lui enverra plus de force que vous ne sauriez lui mener d'assauts à elle et à ses bonnes gens. »
Lettre aux gens d'armes. — <• Entre vous autres, archers, compagnons d'armes, gentils et vilains *, qui êtes dans Orléans, allez en votre pays de par Dieu. Et si ainsi ne le faites, donnez vous garde de la Pucelle ; et de vos dommages vous souvienne {il vous souviendra) bientôt. Ne persévérez pas dans vos sentiments ' ; car vous ne tiendrez point la France qui est au roi du Ciel, le fils de sainte Marie; mais la tiendra le roi Charles. Si vous ne croyez les nouvelles de Dieu et de la Pucelle, en quelque lieu que nous vous trouverons, nous frapperons dedans (dans vos rangs)^ à grands horions, et nous verrons lesquels auront meilleur droit de Dieu ou de vous.
Lettre aux capitaines des Anglais. — « Guillaume La Poule, comte de Suffolk, Jean, sire de Talbot, et vous, Thomas, sire de Scales, lieutenants du duc de Bedford, soi-disant régent de France de par le roi d'Angleterre, faites réponse si vous voulez faire paix à la cité d'Orléans, et si ainsi ne le faites, de vos dommages vous souvienne. »
Autre lettre. — « Duc de Bedford qui vous dites régent de France de
par le roi d'Angleterre, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne
vous fassiez pas détruire. Si vous ne faites raison, de vos yeux vous
pourrez voir qu'en sa compagnie les Français feront le plus haut fait qui
oncques fut fait en la chrétienté. »
Ces lettres furent portées et remises ; on n'en tint pas grand compte; et pour cela la Pucelle se mit en devoir de tirer outre à ce pourquoi elle était venue. Elle arbora un étendard dedans lequel était.. .^ Elle monta sur ungrand cheval, bien armée et équipée; et avec les gens d'armes que Monseigneur le Dauphin lui donna, elle alla à Orléans où les Anglais avaient mis un siège très fort, et, selon le cours de nature, inexpugnable. Il n'y avait espérance quelconque d'avoir secours, ni aide de la part des hommes, car Mgr le Dauphin avait très peu de gens pour faire tel exploit. Détait quasi du tout au bas, tellement que, quand la Pucelle vint, on *VMt mis en délibération ce que l'on devait faire, si Orléans était pris. L'avb de la plus grande part fut que si cette ville était prise, il ne fallait P*5 tenir compte du demeurant du royaume, vu l'élat dans lequel il se ''ouvait et qu'il n'y avait pas de remède, si ce n'est que Mgr le Dauphin ^retirât dans ce présent pays du Dauphiné, et que là il le gardât en attendant la grâce de Dieu. Les autres disaient qu'il était plus convenable
'• Très lisiblement, et non pas « vaillants », comme récrit Quicherat. 2. Texte : ne prenez mie vostre opinion. 3- Lacune dans le texte.
d^attendre ladite grâce au royaume, et qui autrement ferait donnerait trop grand courage aux ennemis; ce serait tout perdre sans aucun recours; que c'était meilleur que de tenir toute autre voie, car l'autre parti était comme une voie de désespérance, ce qui moult déplaît à Dieu.
Monseigneur le Dauphin étant en cet état, arriva la Pucelle; et par son moyen, et moyennant la grâce de Dieu, par un miracle évident, furent très vaillamment assaillies et prises les très fortes et inexpugnables bastilles que les Anglais avaient faites, et le siège fut de tout point levé au très grand dommage et à la très grande confusion des Anglais. Alors, par la Pucelle et par les gens de Monseigneur le Dauphin, furent accomplis des faits de guerre merveilleux et ainsi comme impossibles. De là en après la Pucelle fit une très grande poursuite contre les Anglais, en recouvrant villes et châteaux; elle y fit plusieurs faits merveilleux; car depuis la prise d'Orléans les Anglais et leurs alliés n'eurent ni force ni vertu. Par ainsi le restaurement de France et son recouvrement a été fort merveilleux.
Et sache un chacun que Dieu a montré et 7nontre un chaque jour quil a aimé et aune le royaume de France. Il Ta spécialement élu pour son propre héritage j et pour, par le moyen de luiy entretenir la sainte foi catholique et la remettre du tout sus, et pour ce Dieu ne le veut pas laisser perdre. Mais sur tous les signes d'amour que Dieu a envoyés au royaume de France^ il n'y en a point eu de si grand, 7ii de si merveilleux comme celui de cette Pucelle.
Et pour ce, grandes Chroniques en sont faites. Et entre les autres, une notable femme appelée Christine, qui a fait plusieurs livres en français, — je l'ai vue souvent à Paris — a fait de l'avènement de la Pucelle et de ses gestes un traité, dont je mettrai seulement ici le plus spécial touchant ladite Pucelle. J'ai laissé le demeurant parce que ce serait trop long à mettre ici. J'ai désiré de mettre ici le traité de ladite Christine plutôt que celui des autres, afin de toujours honorer le sexe féminin par le moyen duquel toute chrétienté a eu tant de biens ; par la Pucelle Vierge Marie, la réparation et restauration de tout l'humain lignage ; et par ladit« Pucelle Jeanne, la réparation et restauration du royaume de France, qui était du tout bas, jusques à prendre fin, n'eût été sa venue. Pourc^i de chacun elle doit être bien louée, combien que {encore que) les Anglais et leurs alliés en aient dit tout le mal qu'ils ont pu dire: mais les faits de ladite Pucelle les ont rendus et les rendent tous mensongers et confus.
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Ah ! soyez loué, hault Dieu ! A joinctes mains, grans et menus
A loy gracier, tous tenuz Grâce te rendons, roy céleste
Sommes, qui donné temps et lieu Par qui nous sommes parvenus
As, où ces biens sont advenuz. A paix, et hors de grand lempcste,etc. *.
« Ah sois loué, haut Dieu! A toi remercier nous sommes tous tenus, toi qui as amené le temps oîi ces biens nous sont advenus. A jointes mains, grands et petits, grâces te rendons. Roi céleste, par qui nous sommes parvenus à la paix, et hors de si grande tempôte.
« Et toi, Pucelle, née en une heure propice, faudrait-il t'oublier, toi que Dieu a tant honorée que de te faire délier les liens qui tenaient la France si étroitement enchaînée ? Te pourrait-on assez louer, quand à cette terre humiliée tu as fait par la guerre donner la paix ?
« Ah ! Jeanne, née à une heure propice, béni soit le Ciel qui te créa, Pucelle ordonnée de Dieu, en qui le Saint-Esprit versa si grande grâce, en qui fut et est toute largesse de haut don ; jamais parole ne te sera adressée qui te dise la reconnaissance qui t'est due.
« De qui pourrait-on dire plus hautes louanges ? Quels faits dans le passé sont au-dessus des tiens ? En Moïse avec affluence Dieu mit grâces et vertus. Sans jamais se lasser, il mit le peuple d'Israël hors d'Egypte. Telle, 6 Pucelle élue, tu nous as par miracle affranchis du malheur.
« Considérée ta personne, qui est celle d'une jeune pucelle, à qui Dieu donne pouvoir d'être notre champion, d'être celle qui donne à la France la mamelle de la paix et de douce vie, d'abattre la gent rebelle, voici bien chose plus que nature.
« Si Dieu fitpar Josué des miracles en si grand nombre, s'il lui donna de conquérir villes et pays, et d'abattre maints ennemis, Josué était homme fort et puissant ; mais, en un mot, voici une femme, une simple bergère, qui est preux plus qu'homme ne fut à Rome. Pour Dieu c'est chose légère ;
« Mais pour nous jamais nous n'ouïmes parler de si grande merveille, car de tous les preux qui existèrent le long des âges, les prouesses n'égalent pas le fait de celle qui mit hors nos ennemis ; mais c'est Dieu qui agit, qui la conseille, et en elle a mis cœur plus que d'homme.
Cl De Gédéon, qui simple laboureur était. Ton fait grand compte. Dieu le fit guerrier, dit le récit ; contre lui nul ne tenait, tant il conquêtait ;
1. Le texte sera donné dans la suite ; je hasarde une traduction en français moderne des strophes reproduites par Thomassin, non sans avoir conscience de ce qu*elles vont perdre de leur naïveté ; mais peu de lecteurs pourraient les comprendre sans effoK.
mais, quoi qu'on en raconte, il ne fit jamais miracle si manifeste que celui que voient nos yeux en la Pucelle.
« Esther, Judith et Ddbora furent dames de grand mérite. Par elles Dieu délivra son peuple qui en servitude était tombé. J'ai appris que d'autres lureni preiises ainsi qu'elles ; mais plus grand miracle en ce pourpris {pays)^ Dieu a fait en cette Pucelle.
« Par miracle et par divine admonition de l'Ange de Dieu, elle a été envoyée au roi pour ôtre sa providence. Son fait n'est pas illusion. Elle a été bien dûment éprouvée en assemblée. En conclusion la chose est prouvée par les faits.
« Elle a été bien examinée avant qu'on ait voulu la croire ; on Ta menée devant les clercs et les sages, pour chercher si elle disait vrai, avant qu'il fût notoire que vers le roi Dieu l'avait transmise. Même on a trouvé en histoires que Dieu pour cela l'avait promise.
(( Merlin, la Sybille et Bède, il y a plus de cinq cents ans, la virent en esprit venir aux maux de la France porter remède. Ils la consignèrent en leurs écrits et en firent prophétie, disant qu'elle porterait bannière es guerres des Français ; de tout son fait ils dirent la manière.
« Sa belle vie pleine de foi montre qu'elle est en la grâce de Dieu ; ce pourquoi à son fait Ton ajoute plus créance. Quoi qu'elle fasse, elle a toujours Dieu en présence ; elle l'appelle, le sert, le prie dans ses actes et dans ses dits, sans qu'en quelque lieu qu'elle soit sa dévotion faiblisse.
« Comme cela a bien paru au siège mis devant Orléans, où se montra d'abord sa force. Jamais miracle, ainsi que je le tiens, ne fut plus clair. Dieu aida tellement les siens que les ennemis ne s'aidèrent pas plus que chiens morts. Là, ils furent pris et mis à mort.
« Oh ! quel honneur au sexe féminin ! Il est manifeste que DieuFaime, alors que tout ce peuple abattu, par qui tout le royaume est abandonné, est par une femme relevé et redressé ; ce que pas homme n'eût pu faire. Les traîtres sont délaissés : avant le fait, à peine on eût pu le croire.
« Anglais, rabaissez vos cornes, car jamais en France vous n'aurez beau gibier. Cessez vos dérisions, vous êtes mat sur Téchiquier. Vous ne le pensiez pas hier, où vous vous montriez si audacieux ; mais vous n'étiez pas encore au sentier où Dieu abat les orgueilleux.
« Vous pensiez avoir gagné France et qu'elle dût vous demeurer. Autrement il en va, fausse famille. Vous irez labourer ailleurs si vous ne voulez savourer la mort, comme vos compagnons que loups dévorent peut-être, car ils gisent morts sur les sillons.
« Sachez que par elle les Anglais sont jetés bas sans jamais plus se relever; Dieu le veut, il entend les voix des bons qu'ils ont voulu opprimer.
OU faits prisonniers, et comme je Tai ouï dire, tous ceux qui Font combat tue ont été envoyés en enfer ou en paradis. »
Par assauts de villes et de châteaux, par batailles, par prises de villes comme autrement, plusieurs autres grands faits ont été accomplis par la Pucelle. Ils seraient trop longs à mettre ici.
Encore que ce qui a été fait par elle, Tait été seulement dans le royaume de France et non pas dans le Dauphiné, j'ai voulu toutefois le mettre en ce registre, au moins le principal, parce que ces faits se sont passés lorsque mondit seigneur Charles était Dauphin, de son temps et sous lui, et aussi parce que, ainsi qu'il a été dit, le Dauphiné a été inséparablement uni au royaume. Si le royaume eût été perdu (le Dauphiné Teût été aussi *), ainsi qu'on en a fait effort, comme il sera déclaré ci-dessous.
D'autre part la matière de la Pucelle est si haute et si merveilleuse, que c'est chose bien à noter, et digne d'entrer pour perpétuelle mémoire, dans tous les livres-registres pour la gloire de Dieu, l'honneur du royaume et du Dauphiné.
Les Anglais et les Bourguignons disaient de la Pucelle plusieurs paroles diffamablcs et injurieuses, tout en la menaçant, s'ils pouvaient la tenir, de la faire mourir mauvaisement.
V Elle fut interrogée par quelques-uns de sa puissance, et si les Anglais ' avaient le pouvoir de la faire mourir. Elle répondit que tout était au plaisir de Dieu ; et elle certifia que si elle devait mourir avant que fût accompli ce pourquoi Dieu l'avait envoyée, elle nuirait aux Anglais après sa mort plus qu'elle n'aurait fait en sa vie, et que, nonobstant sa mort, tout ce pourquoi elle était venue s'accomplirait. Ainsi il en a été fait par grâce de Dieu, comme cela se voit clairement et évidemment, et est de notre temps chose notoire. /
Ladite Pucelle a souvent parlé à mondit seigneur le Dauphin à Paris*, et lui a dit des choses secrètes que peu de gens savent.
Ladite Pucelle fut trahie et baillée aux Anglais devant la ville de Compiègne ; elle fut menée à Rouen, et là on lui fit un procès sur sa vie, pour
1. Lacune dans le texte, remplie par la phrase entre parenthèses. L'effort dont il parle est Tenvahissement du Dauphiné par le prince d'Orange et le duc de Savoie, loi'sque Jeanne fut prise à Compiègne. Ils furent défaits à Anthon, le H juin 1430.
2. Inadvertance de l'écrivain qui savait bien que la Pucelle n'entra jamais à Paris. Le Dauphin dont il est ici question est le futur Louis XL 11 avait sept ans lorsque Jeanne vint à la cour où elle a dû souvent le voir, et l'entretenir.
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trouver contre elle de quoi la faire mourir, et ils ne surent trouver rien autre chose contre elle, sinon qu'elle avait laissé Thabit de femme et pris habit d'homme ; ce qui est chose défendue. A cela et aux autres choses sur lesquelles elle fut interrogée, elle répondit si bien qu'on ne savait que répliquer. Et nonobstant cela, elle fut condamnée à mourir par le feu, pour occasion seulement dudit habit. Elle fut menée au feu, et là elle mourut et fut brûlée.
L'on dit que durant son procès et à sa mort furent faites choses merveilleuses, dont procès a été fait par autorité de TEglise. Celui qui Ta vu et lu en a eu la copie qu'il me devait envoyer ; je ne Tai pas encore reçue ; ce dont me déplaît ; car j'eusse fait ici mention des choses principales.
Thomassin a fait une très briève Chronique deTlIistoire de France, que l'on peut lire à la Bibliothèque nationale (FonrfA* français^ n^" 4943 et 4969). Arrivé au règne de Philippe de Valois, il s'étend longuement sur la loi salique; et à ce propos, il a sur la Libératrice la phrase suivante : « Les trois choses en quoi lesdits Anglais, en faisant un procès tel quel à rencontre de Jeanne la Pucelle, que je crois sans doute en paradis, se sont efforcés d'élever leur nation par-dessus toutes les autres nations chrétiennes, comme j'ai vu par écriture authentique, et aussi qu'il est assez notoire, sont telles ».