‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 138 sur 327 · Un troisième frère, plus tard gouverneur de Champagne · texte numérisé non relu

Un troisième frère, plus tard gouverneur de Champagne

4. Nou$ nous recommandons aussi à nostre frère Loys ; et })our le liseur de ces présentes yue nous saluons, La, construclion de la phrase est très irrégulière. Au lieu de conclure avec plusieurs auteurs que les dames de Laval ne savaient pas lire, n*est-il pas plus vraisemblable de supposer que, comme les reines et les princesses de nos jours, «lies avaient un lecteur d'office ? Une vue affaiblie momentanément aura pu faire qu'elles eussent besoin d*un lecteur ; Boschet est d'ailleurs de la famille.

5. Et pour l'accès et,., de solliciter de la chevance, il y a une lacune dans le texte.

318 LA YRAIB JEANiNE D'ARC : U LIBÉRATRIGB.

dévoué il son maître, il a voulu le glorifier dans la postérité, el a écrit son histoire. Cette histoire maintes fois reproduite n*en est pas pour cela plus véridique. C'est, dit Quicherat, une apologie plutôt qu'une histoire. La partialité de Gruel pour son héros doit mettre en garde contre la véracité de son témoignage. Cette réserve sera surtout de mise en ce qui concerne les. détails de la première entrevue de Richemont et de la Pucelle. M. Achille Levasscur qui, en 1890, a donné, sous le patronage de la Société de THistoire de France, une édition plus correcte de la Chronique de Gruel ne parle pas autrement que le directeur de TÉcole des chartes. « Le récit de Gruel, dit-il, présente plusieurs contradictions et inexactitudes qui doivent nous mettre en garde. N'est-il pas singulier de voir Jeanne d'Arc, qui engageait d* abord ses hommes d'armes à combattre le Connétable, se jeter à ses pieds dès qu'ils sont en présence? En outre, Richemont était-il bien alors dans une situation qui lui permit de prononcer les fières paroles que Gruel met dans sa bouche? Est-ce bien le ton aveclequel devait parler le Connétable, formellement banni de la cour et désireux de rentrer en grâce auprès du roi, sur lequel Jeanne exerçait une influence quïl pouvait utiliser à son profit? Gruel semble avoir laissé libre carrière à son imagination pour donner quelque relief au rôle joué par son maître dans celte entrevue. Ce n'est pas à Richemont qu'il faut attribuer l'initiative de la marche sur les Anglais ; l'honneur de la victoire de Patay revient h Jeanne d'Arc. C'est ainsi que le racontent les autres chroniqueurs plus désintéressés. A Montépilloy Charles VII répondit à Bedford en lui offrant la bataille... Jeanne d'Arc devait d'ailleurs vouloir et voulait la réconciliation de tous les Français*. »

Ces remarques faites,^ voici, légèrement rajeuni, le récit de Gruel en ce qui concerne Jeanne d'Arc, chapitres XLvm et xlix.

L'an ci-dessus (1428 a. st.), en mars, arriva la Pucelle devers le roi; el les Anglais prirent Janville et Baugency, el Meung-sur-Loire, et Jargeau et mirent des bastilles devant Orléans.

L'an mil CCCCXXIX, mondit seigneur le Connétable se mit sus en armes pour aller secourir Orléans; il assembla une très belle et bonne compagnie, en laquelle étaient Monseigneur de Beaumanoir, Monseigneur de llostrelen el toutes les garnisons de Sablé et de La Flèche, de Durestal (aujourd'hui Durtal) el toutes les garnisons de ces Basses-Marches, el plusieurs notables de Bretagne, comme Robert de Montauban, Messire Guillaume de Saint-Gilles, Messire Alain de Fueillée, Messire Brangon de Ilcrpagon, messire Louis de Scorrailles, ceux de sa maison, et grand

1. Achille Levassklu, Bibliotftèque de l'École des chartes, t. XLVll, p. 556.

a» LA VRAIE JEANNE D*ARG : LA LIBÉRATRICE.

Bl lion ils tirèrent droit au siège ; ils ne lui baillèrent pas de logis poui .'«cte anil. Mondit seigneur se prit à faire le guet ; car nous savons que lei auiireaux venus doivent faire le guet\ Ils firent le guet cette nuit devan *e chdteau ; et ce fut le plus beau guet qui eût été fait en France, il y i bien longtemps dans le passé. Et cette nuit fut faite la composition pai Ie!^ uis^égés, et ils se rendirent de bien matin.

Le jour de devant, les sires de Talbot et le sire de Scales et Fastolf e1 aulnes capitaines étaient arrivés à Meung-sur-Loire, dans le dessein de venii combattre ceux du siège à Baugency. Quand ils surent que Mgr le Connétable y était venu, ils changèrent de propos, et prirent conseil de s'ei iiler. Et aussi on dit à Monseigneur, sitôt qu'il fût arrivé, qu'il fallail envoyer des cens au pont de Meung, qui tenait pour les Français, ou auirt^meut quHI serait perdu. Incontinent il y envoya xx lances et les sin?iK*rs : Charles de la Ramée et Pierre Dangi les y conduisirent.

.Vu matia. truand les Anglais furent partis de Baugency, la Pucelle et :<^uts '.es ^et^cneurs partirent à cheval pour aller vers Meung. Et alon ^ iur«*ut les Qouveltes que les Anglais s'en allaient, et alors la Pucelle e ^:w ^'i^nours commencèrent à retourner à la ville, chacun à son logis.

INiizs^iut M^r de Rostrelen qui s'approcha de Mgr le Connétable, Tave i i; ok aU ^ ^ vous faites tirer votre étendard en avant, tout le mon^ • \>ii*s^4ài^ra >. Kt ainsi il fut fait. La Pucelle et tous les autres vinrô ^^v^ ot il fut conclu de tirer après les Anglais. Les mieux montés fure .^njsÀ * avaâU-^arde. et des gens furent ordonnés pour chevaucher . «AnÉ^iiAàSv *es arrêter et les faire mettre en bataille. Furent des premie A»«vi* ** l-'A IlitVx IVnenzac, Giraud de La Paglère, Amadoc, Seteve ^ s.u^KAfci'v^vus do bien à cheval. Mgr le Connétable, Mgrd'Alençon V.v»:i\ Hj;» ^ic LavaU Mgr de Lohéac, le maréchal de Rays, le bâ

iir*ca»*c^ v,i;u4vv>ari etçrand nombre de seigneurs venaient en ordonn ^ ,^%«î XaIc lk\iuce. et ils venaient à bien grand train.

^^^ ^\v uviuicrs eurent bien chevauché environ cinq lieue

..^*^M>t^<«-viV4à; \ vvnr les Anglais, et alors ils galopèrent à grande c i^,«4^c ; ^ NUilc *. Ils chevauchèrent en telle manière que

w ^vWv ."^^^i ^♦^î^ loisir de se mettre en bataille, et ils furent er ^ w .%• i^ i^aicut mal choisi en cette conjoncture' ; le pa; ^ju w^ *ivuî ,uusi déconfits à un village en Beauce qui '^NV^ .^v -*4wïw4fcev lÀ lurent tués bien xxn^ {'2W0)y ainsi que * >. % ^-^^>4à%VAa(fi^ et fui en la fin du mois de mai *. Furer

1^.^:^ .sHi^ï--*»*^ ,-uc^iKii^ uwUoment à un connétable. ^ ^.^ ^^ ,-^rW|n>"m- 4*^^^^ f'^ <^^ '^ 6a/(n7/f après.

archevôque d'Embrun, écrivit la belle lettre citée dans la Pucelle devant r Église de son temps \ Les rancunes de La Trémoille prévalurent au grand mécontentement de la Pucelle ; elle voyait ainsi les faveurs célestes entravées, et elle devait sentir qu'elle était elle-même un objet de méfiance, de la part de ceux qui, voulant à tout prix se maintenir au pouvoir, redoutaient son influ^'nce.

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