‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 218 sur 327 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LES REGISTRES DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME

Sommaire : La majorité du chapitre anglo-bourguignonne. — Le 30 août, on pourYoit au remplacement des officiers qui ont rejoint la Pucelle. — Nomination de délégués convoqués par l'évèque de Thérouanne. — Le 31 août: on célébrera une messe à Notre-Dame extra chorum, — Vote d'une somme pour les frais de la guerre. — Le 5 septembre, mesures pour la sécurité de l'église et du cloître, des reliques, du trésor. — Vente du buste de la statue de saint Denis. — Le 7, procession à la montagne Sainte-Geneviève. — Attaque des ennemis et sanglants desseins qu'on leur attribue. — Le 8, assaut très violent et très long. — Repoussé. — Grandes perles des assiégeants. — Grand nombre de claies, de fascines, d'échelles qu'ils avaient apportées. — Ils en ramènent une partie. — Conjectures. — Le 9, messe pour Charles VI, par ordre de son fils.

Les registres du chapitre de Notre-Dame de Paris ont échappé aux ravages du temps. On peut les compulser aux Archives nationales (LL 216, f* 172). Ils présentent quelques particularités qui nous permettent de juger de Témoi des esprits lorsque la Pucelle vint assiéger Paris. Voici les indications de quelque importance que Ton y trouve.

La majorité des chanoines était anglo-bourguignonne; mais il n'est pas douteux que la Libératrice ne comptât des partisans dans leurs rangs. Plusieurs passèrent dans son camp, lorsqu'elle arriva à Saint-Denis. Le chapitre pourvut à les remplacer, le 30 août, dans les fonctions qu'ils remplissaient. Il chargea Jean Regnaudot de distribuer les jetons de présence à la place de Jean Pinchenot, qui s'était éloigné sans permission ; qui recessit sine licentiâ capituli; on confie à Jean Pélillon la charge de

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garder le chef de Saint-Denis à la place de Jean Guenet, qui lui aussi est parti sans licence du chapitre. Absent aussi le chantre du chapitre. Durant l'exil de Gerson, il avait la garde du grand et du petit sceau. Cbuffart investi, les sceaux lui ont été remis ; mais on se demande si, en Tabsence du chancelier, la garde des sceaux revient de droit au chantre.

Le chancelier de France, Tévôque de Thérouanne, avait ordonné que quelques députés de la corporation fussent envoyés au palais pour neuf heures. On en élit trois, parmi lesquels Jean Chuffart. Deux au moins répondront à Tappel.

Le lendemain, 31 août, il est décrété que, à cause des périls du temps, une messe sera célébrée tous les jours devant la Vierge, en dehors du chœur, exirà chorum.

Le conseil royal a demandé une contribution pour faire face aux dépenses de la guerre. Les trois délégués nommés la veille pourront oflFrir Lxxx" (marcs?); et si le conseil n'est pas content, ils pourront aller jusqu'à cent.

Le 5 septembre, trois chanoines, parmi lesquels Jean Chuffart, sont autorisés à modifier comme ils le jugeront plus convenable les mesures déjà prises pour la garde du cloître et de Téglise. Ils verront s'il est expédient de déposer des provisions de vivres dans les tours pour l'entretien des chanoines qui désireront s'y retirer.

Les fabriciens prendront les mesures nécessaires pour mettre les reliques et le trésor à Tabri de la malice des ennemis.

L'on a vendu pour le prix de 56 saints d'or le buste de la statue de saint Denis, et l'on a gardé le pied qui est d'argent, la tête et le diadème. Chuffart est autorisé à louer deux moulins qui sont in coquind Sancti Auguslim{?).

Le mercredi 7 septembre une procession solennelle a été faite à Sainte-Geneviève, sur la montagne. Les chanoines du palais y ont assisté, portant la vraie croix. La procession s'est faite pour obtenir la cessation des maux présents et de l'attaque des ennemis.

Ce même jour, ces ennemis ont fait une attaque contre la ville, se promettant de mettre à mort les personnes de l'un et de l'autre sexe qui leur tomberaient sous la main, ainsi qu'ils en avaient fait le serment et qu'ils 8*en vantaient. Le soir ils ont cessé leur attaque et se sont retirés.

Le lendemain, fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, en compagnie de leur Pucelle, objet de leur confiance et comme leur Dieu^, ils ont recommencé leur attaque vers une heure après midi. Attaque très violente, ils l'ont prolongée de toutes leurs forces jusques

i. Gum eorum Puella in qu& tanquam in Deum suum conlidebant.

au milieu de la nuit. La résistance des bourge leur confiance en Dieu et en la glorieuse Vierg solennellement célébrée dans celte ville, a fait remporté aucun avantage. Ils ont blessé quelq Français; ils n'en ont tué qu'un très petit non coup des leurs; on ne sait pas combien, parce • les cadavres. Leur Pucellc fut blessée à la cuisi croit, avec la vue de leurs morts et de leurs mo retraite. Us craignaient d'être tués aussi.

Ils laissèrent un très grand nombre de fascines laient combler les fossés ; ils en jetèrent quelq Pucelle, son étendard en mains, vint sur les boi dit-on, qu'elle fut blessée. Ils abandonnèrent, s six cent cinquante échelles, et bien quatre milll bien trois cents chars pour porter ce bagage ; il les traînaient chargés de matières inllammables, et de claies. Ils ramenèrent à Saint-Denis plusie lesquels ils avaient étendu leurs blessés : d'autre demain conduits dans Paris. Ils brûlèrent le reste main plus de cent roues ; ce qui a fait présumer retraite, ils avaient brûlé ce qu'elles devaient suf contraints à une retraite ignominieuse.

Le lendemain le Dauphin, leur roi, fil célébr Saint-Denis pour le roi Charles VI, son père '.

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