Tel fust-il
6. Elle se fasoit à confesser chascun jour et recevoit Corpus Domini... et ne buvoit et mangeoit comme rien.
de laquelle elle demeura quelque temps, durant lequel temps elle disait de merveilleuses choses, tout en poursuivant chaque jour le roi, pour qu'il assemblât ses gens, afin de faire lever le siège de devant Orléans.
Pendant qu'elle était à Poitiers, le roi, sur ses indications, lui fit faire une armure pour son corps'. Cette armure faite, elle demanda au roi d'envoyer un chevaucheur à Sainte-Catherine-de-Fierbois*, quérir une épée qui était dans un coffre' devant le grand-autel de l'église. Le roi y envoya aussitôt un chevaucheur qui demanda aux fabriciens* de l'église ladite épée. Ils répondirent qu'ils ne savaient de quoi on leur parlait ^ Le chevaucheur leur dit de faire diligence pour la trouver, que le roi et la Pucelle le leur mandaient. Les fabriciens et le chevaucheur allèrent devant l'autel, et dans un vieux coffre qui, disaient les fabriciens, n'avait pas été ouvert depuis passé vingt ans, ils trouvèrent Tépée demandée. Le chevaucheur l'apporta à la Pucelle qui l'envoya à Tours pour y faire faire un fourreau d'ornement d'Église (sic).
La Pucelle étant à Poitiers prit ses armures aussitôt que son harnais fut prêt. Elle allait aux champs avec les gens de guerre, et elle courait la lance aussi bien et mieux qu'aucun homme d'armes qui y fût ; elle chevauchait les coursiers noirs, tels et si malicieux qu'il n'était nul qui osât en réalité les chevaucher^; elle faisait tant d'autres merveilles que chacun en était tout émerveillé.
Elle fit faire à Poitiers son étendard, sur lequel était un écu d'azur; et au dedans de l'écu im colombeau blanc, qui tenait en son bec un rôle sur lequel était écrit : De par le Roi du Ciel',
Cela fait, elle écrivit aux Anglais du siège d'Orléans une lettre close, dans la forme qui suit...
Le texte est celui de la Chronique des Cousinot, page 74 ; au lieu de vous bouter hors de France, le greffier écrit : vous bouter hors de toute France; au lieu de compagnons d'armes^ gentils et vaillants^ il dit : compagnofis d'arènes, gentils et vilains; vilains signifiait alors homme libre de la campagne; les vilains étaient nombreux dans l'armée anglaise; ils sont ici opposés à gentils qui signifie nobles; ce texte nous semble préfé-
!. <« Le roy par son ordonnance lui lit faire une arnais pour son corps ». Voir dans Laci iiNK la signification de ordonnance et de harnais au moyen âge.
2. Le texte j)orte Sainte-Bradine d^EscoboiSy d'après Quicherat.
A. « Kn unne arche devant le grand hoslel Uin de l'église ».