JMd., p
H. Chuffart dans Buchon, t XV, p. 425.
Ici encore les coupables fournirent contre eux-mêmes les armes les plus accablantes. Quoi de plus accablant en effet que les lettres de garantie qu'ils sollicitèrent et obtinrent du gouvernement anglais, et qui furent retrouvées au second procès? Le roi d'Angleterre mettait en mouvement toute sa puissance pour protéger tous ceux qui avaient trempé dans le crime. Voici la substance de ce document :
Le roi déclare qu'il n'a livré Jeanne aux tribunaux ecclésiastiques que sur les instances de TUniversité de Paris et de Tévêque de Beauvais; il célèbre et la manière dont le procès a été conduit, et Tapprobation donnée par la maîtresse Université; il se porte comme le défenseur de tous ceux qui y ont pris part à un titre quelconque, depuis les juges jusqu'au greffier; il se charge des coûts et dépens que leur ferait subir une citation devant le Saint-Père ou le concile général et se porte partie avec eux. Ordre est intimé à tous ses ambassadeurs, envoyés, prélats, docteurs, maîtres, procureurs, à tous ses sujets du royaume de France et d'Angleterre, de leur porter aide et secours contre le dit Saint-Père, ou le concile gênerai. Ce n'est pas assez, ils doivent, y est-il dit, requérir aide des rois, princes et seigneurs à nous allies et confédérés^.
Ce n'était donc pas assez des forces de l'empire britannique; tout ce qui par un lien quelconque se rattachait à l'Angleterre devait se lever et déployer sa puissance pour défendre les bourreaux de Rouen. Autant qu'il était en lui le gouvernement anglais faisait appel en leur faveur à l'univers alors connu. Et contre qui devaient-ils être protégés? Contre ceux mêmes dont ils avaient prétendu venger les droits et l'autorité, le Pape et le concile général^! Quand des assassins firent-ils contre euxmêmes déclaration plus accablante? Il fallait à tout prix ensevelir dans l'opprobre la mémoire de la céleste envoyée.
Les lettres de l'Université de Paris se trouvent au frontispice du procès de Rouen, on les retrouve au milieu, elles devaient le clore. Li dernière page du triste et glorieux monument tel que nous Ta transmis Cauchon, c'est la lettre suivante adressée au Pape et suivie d'un po>lcriptum au collège des cardinaux.
c( A notre avis, bienheureux Père, il faut travailler avec d'autant plus de soin à ce que les faux prophètes et les hommes pervers ne souillent
i. Procès, t. IV, p. 471.