Crevier, i6td., p
190 LA Pr CELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS.
enjoindre à TLiiiversité de se rendre au concile de Bologne. Elle fut dédaignée comme la première*.
« Aucune Université, nous dit Crevier, n'entretint un commerce plus intime avec le concile (schismatique) que celle de Paris. Elle y avait ses députés en grand nombre; elle écrivait aux pères (Lucifériens) de Bàle; elle en recevait des lettres assez fréquentes; elle implorait pour eux le secours du ciel par des prières indiquées dans tous les collèges, par des jeûnes, par des processions, par des messes qu'elle faisait célébrer '. »
C'est par elle surtout que le parlement croupion a pu se prolonger dix-huit ans sans discontinuer, c'est-à-dire qu'il a duré lui seul à peu près autant que tous les conciles œcuméniques réunis. Il introduisait dans rÉglise le régime parlementaire avant qu'il fût connu de l'Europe; il y faisait un 89, quatre siècles avant 89; et il ne laissait pas à celui qui a reçu plein pouvoir pour paître le troupeau de Jésus-Christ, même ce qu'on est convenu d'appeler le pouvoir exécutif.
Plus on observera de près, et plus l'on verra que l'Université de Paris voulait refaire la divine constitution de l'Église sur sa constitution à elle; effacer le vrai soleil qui est la Papauté, et sérieusement se constituer, selon le mot de Gerson, vrai beau clair soleil de la catholicité.
Elle avait été, certes, un beau réflecteur aux jours de saint Thomas d'Aquin et de saint Bonaventure ; elle jouissait encore d'une grande renommée. Son crédit attira à Bàle quelques prélats de plus, la plupart ambitieux et mécontents; quelques-uns s'y rendirent dans le but de combattre la révolution qui s'y opérait; beaucoup de clercs inférieurs pour avoir part aux faveurs dont l'assemblée révoltée usurpait la distribution. Le grand schisme avait profondément altéré les idées et le sens catholique; les princes se partageaient, se déclaraient neutres, ou profitant de la situation pour mettre la main sur l'Eglise, ne voulaient ni rompre avec le Pape ni avec le conciliabule. Le scandale était grand.
Ilieu de plus douloureux que la situation d'Eugène IV. Le Turc avançait toujours; l'Orient schismatique effrayé demandait à se jeter dans les bras de la Papauté; la guerre existait entre la France et l'Angleterre, et aussi entre d'autres princes; le Pontife lui-même fut chassé de Rome par le duc de Milan; tous les révoltés trouvaient asile à Bâle; le désordre s'introduisait de plus en plus dans les diocèses, où l'on voyait plusieurs compétiteurs prétendre à la même dignité, l'un nommé par Rome, l'autre par les Basilécns. Ces derniers ayant, comme cela devait être, trouvé le Pape sourd à leurs sommations, se disposaient à le déclarer contumace.
i. Du Boula Y, i6?J., p. 416.