‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 192 sur 381 · PROGRÈS DANS LA CARRIÈRE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DANS LA CARRIÈRE

Par nature la femme est prompte à défaillir; la délicatesse de son tempérament la rend peu propre à supporter de longues fatigues; elle est timide; mobile comme la feuille sous le souffle du vent; la vue des hommes d'armes lui donne l'effroi. C'est le contraire dans notre Pucelle. Elle est sans aucune expérience dans l'art de la guerre, et cependant, — cela est attesté par de dignes témoignages, — elle l'emportait sur les vétérans les plus exercés, quand il fallait ordonner une armée, monter à cheval, brandir la lance, tenir l'étendard, dompter un coursier. Sans l'avoir jamais appris, elle était maîtresse pour se porter sur les divers points de l'armée; surpassait les plus robustes quand il fallait endurer de longues veilles de nuit. Là où les plus hardis tremblaient, elle restait sans crainte, toujours la première sur le front de bataille, pour débusquer les Anglais. Ses exemples, ses exhortations guerrières, ainsi que cela est dit de Judas Machabée, donnaient aux siens le courage des lions, et en même temps elle semait l'effroi parmi les Anglais, et semblait leur enlever la force pour résister. Aussi les vit-on à Orléans, à Jargeau, joncher en très grand nombre le champ de bataille de leurs corps, ou se débander et fuir.

Qui oserait dire qu'une jeune fille a pu humainement accomplir- ces merveilles?

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