BRÉHAL. — JEANNE EXEMPTE DE FAUTE ENVERS SES PARENTS
et pourvoir miséricordieusement au salut commun? C'est l'équité de la justice qui, d'accord avec TEcriture, proclame qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le bien de la nation, c'est-à-dire la tranquillité et le salut de l'État, est un bien divin, au dire du philosophe.
« Jeanne a fort bien répondu que puisque Dieu le commandait^ cela devait se faire ainsi. Elle serait partie j eût-elle cent pères et cent mères^ eût-elle été fille de roi. Elle ajoutait que pour tout le reste, en dehors de ce départ, elle avait toujours obéi à son père et à sa mère; qu'après les avoir quittés, elle leur avait écrit et avait obtenu son pardon » (p. 129, 132).
De tout cela il résulte manifestement que Jeanne n'est coupable envers ses parents, ni de désobéissance, ni d'irrévérence. Encore moins était-elle animée de cet esprit de révolte persévérante, contre lequel Dieu a porté une loi spéciale, au chapitre xxi du Deutéronome. L'on ne peut pas même l'accuser d'avoir manqué à la piété filiale, ou transgressé le précepte d'honorer ses parents, ainsi qu'ont voulu l'en noircir ses ennemis dans les décisions rapportées au procès.