Voir, plus loin, liv. Yi
se trouvait couvert par Favis unanime de ce qu'il y avait de plus sage dans son royaume ; et avec les voix du ciel Jeanne possédait la garantie des voix les plus vénérables du pays qu'elle allait délivrer.
Un registre des interrogations et des réponses fut écrit h Poitiers. Les juges se le devaient à eux-mêmes ; et les paroles de Jeanne devant les soi-disant juges de Rouen l'établissent péremptoirement.
Dans la séance du 27 février, elle ne se contente pas de répondre : si vous doutez de l'accord qu'il y a toujours eu dans mes paroles, envoyez à Poitiers ; elle affirme bien formellement l'existence d'un écrit où elles se trouvent consignées. C'est écrit dam le registre de Poitiers^ dit-elle ; est positum in registre apud Pictavis. Un peu plus loin elle ajoute : « Je voudrais bien, si Dieu en était content, que vous eussiez une copie du livre qui est à Poitiers. Bene vellet quod interrogans haberet copiam illiiis libri qui est apud Pictavis ^ dummodo Deus esset conte ntus *. »
Les interrogateurs de Rouen possédaient-ils l'interrogatoire de Poitiers, ou se le procurèrent-ils? Il semble bien qu'au 15 mars il était sous les yeux de l'accusée, puisqu'à la séance de ce jour elle répondait: la plus grande partie de ce que l'ange m'a appris est dans ce livre *.
Qu'est devenu ce livre ? Plaise à Dieu qu'il dorme au fond de quelque bibliothèque ; et puisse quelque heureux chercheur le rendre à la lumière ! Jusqu'à ce jour, des interrogatoires de Poitiers, nous ne possédons qu'un court résumé, ou plutôt la conclusion, que Charles VII a dû faire publier. L'authenticité en est incontestable. Le grave président du parlement de Grenoble, Mathieu Thomassin, l'a insérée dans les pages qu'il a consacrées à la Pucelle, dans son registre DelphinaP. Le chroniqueur de Tournay, un contemporain comme Thomassin, en cite une phrase importante dans sa chronique *. Le résumé fut envoyé à l'étranger ; le trésorier de Sigismond, Ebérard de Yindeckem, dans l'histoire de son maître, a des détails intéressants sur la Pucelle. On y trouve le résumé des conclusions de Poitiers', tel qu'il a été publié par Buchon, qui semble l'avoir pris ailleurs que dans les auteurs indiqués. Le voici tel que le reproduit Qui-