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LA GRANDE ENQUÊTE ET LES DERNIERS ACTES DE LA COMMISSION

Uévêque de Coutances avait rejoint ses collègues à Paris dans les premiers jours de juin. La commission au complet avait sous les yeux une énorme quantité de pièces plus probantes les unes que les autres : la grande enquête, Tinstrument du premier procès, les énormités dont il portait la trace, les mémoires de tant de docteurs qui en relevaient les si nombreuses monstruosités. Les neuf mémoires insérés dans Tinslrument de la réhabilitation ne sont en effet qu'une partie de ceux que suscita la grande cause; il y eut d'autres consultations, tant sur l'ensemble du procès que sur des questions de détail et sur quelques parties déterminées. On a choisi sans doute pour les faire entrer dans la rédaction définitive du second procès ceux que recommandaient et leur valeur intrinsèque et le nom de leurs auteurs. Le lecteur peut voir, par ce qui a été rappelé et exposé, quels hommes ont étudié Jeanne, et avec quelle profondeur ont été examinées sa vie, et les questions capitales de son histoire, les révélations par exemple. N'est-il pas remarquable comment tous les travaux reproduits ou analysés, tout en aboutissant aux mêmes conclusions, se sont offerts à nous avec une marche et un plan propres à chacun des auteurs qui les ont composés, et jettent un jour nouveau tant sur la victime que sur les horreurs commises par les bourreaux?

Quelle preuve de l'aveuglement produit par la libre pensée sur des esprits , qui par ailleurs ne sont pas réputés fanatiques d'impiété, que la préférence donnée au simulacre juridique du procès assassin, sur la procédure si régulière et si complète du procès vengeur! L'on ne fera pas l'injure aux consulteurs de la réhabilitation, donnant des avis si profondément motivés, si indépendants, de les comparer avec les consulteurs de l'assassinat votant d'après des articles tronqués, sous l'impression de la peur, appuyant à peine leur avis de quelque vague semblant de raison, s'abritanl derrière des autorités supérieures. Le grand meurtrier, ainsi que nous l'a dit Bréhal^ ne pouvant l'emporter par la raison voulut se couvrir par le nombre.

Le nombre ne fit pas défaut aux délégués pontificaux ; nous voyons en effet qu'ayant étudié à Paris les matériaux destinés à préparer la sentence, ils appelèrent à délibérer avec eux les docteurs de la capitale, les plus en renom de savoir et de vertu*; rendus à Rouen, ils recommencèrent leur travail, en faisant appel aux lumières des docteurs de Normandie*. A la différence de Cauchon, ils n'ont pas relaté les noms de ces consulteurs de

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