LA CONCLUSION DES DOCTEURS DE POITIERS
c'est l'opinion des docteurs que le ROY A DEMANDÉ TOUCHANT LE FAIT DE LA PUCELLE ENVOYÉE DE PAR DIEU
Le poy, attendue nécessité de luy et de son royaulme, et considéré les continues prières de son povre peuple envers Dieu et tous autres amans paix et justice, ne doit point deboulter ne déjetter la Pucelle, qui se dit estre envoyée de par Dieu pour lui donner secours, non obstant que ces promesses soient seules œuvres humaines ^ ; ne aussi ne doit croire en lui tantôt et légièrement. Mais en suivant la Saincte Escripture, la doit esprovier par deux manières : c'est assavoir par prudence humaine, en enquérant de sa vie, de ses meurs et de son entencion, comme dist saint Paul Tapostre, probate spiritus^^ si ex Deo sunt; et par dévote oroison, requérir signe d'aucrune euvre ou spérance divine, par quoi on puisse juger que elle est venue de la volonté de Dieu. Aussi commanda Dieu à Achaz, qu'il demandast signe, quand Dieu lui faisait promesse de victoire, en lui disant :/)e/^ signum à Domino ; et semblablementfist Gédéon, qui demanda signe, et plusieurs autres, etc.
1. Le texte donné par Thomassin dans son Registre Delphinal offre quelques variantes; les principales vont être signalées :
Non obstant que les promesses et les paroles de la dicte Pucelle soient pardessus œuvres humaines. Aussi mon dit seigneur ne doit pa^ ajoutei* foi et légèrement croire à elle,