LES PSEUDO-THÉOLOGIENS ENNEMIS DE JEANNE ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ
Dans ses Aperçus nouveaux sur Jeanne (TArc^ Quicherat, nalurellement favorable à rancienne Université de Paris, a émis ce jugement aussi fondé qu'il avait été peu formulé jusqu'à lui : « L'idée de faire succomber Jeanne devant l'Église se produisit spontanément^ non pas dans les conseils du gouvernement anglais, mais dans les conciliabules de l'Université. » Et un peu plus loin : « Rien n'est frappant comme le soin que mirent à s'effacer les fonctionnaires laïques. Là même où leur présence eut été légitime, on ne vit paraître que des gens d'église ^ » M. de Robillard de Beaurepaire, dans ses Recherches sur le procès de condamnation de Jeanne d'Arc, écrit de son côté avec la compétence qui lui appartient : « Le premier coup qui fut dirigé contre la Pucelle vint de rUniversité, et par la rapidité avec laquelle il fut porté, on peut juger que cette corporation puissante n'avait point eu besoin d'être excitée par les menaces des Anglais, pas même par les exhortations de Cauchon, auquel, il faut bien le dire, quelques mois après, elle osa bien reprocher sa lenteur dans les négociations engagées pour obtenir la remise de la Pucelle'. »
C'est le procès même de condamnation qui fait retomber sur les docteurs parisiens cette formidable accusation. Certes les Anglais haïssaient profondément celle qui, au nom du ciel, leur enlevait une conquête achetée par un siècle d'efforts, un pays qui, pour les insulaires, était au quinzième siècle ce qu'est au dix-neuvième siècle l'empire des Indes. Ils ont secondé les fureurs de l'Université, ont soldé les dépenses du procès ; mais ils n'ont eu qu'à soutenir et non à exciter une animosité aussi vive, plus vive peut-être chez les renégats de la patrie, que chez les