‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 70 sur 381 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

LES PRINCIPAUX BOLRREALX DE LA PLXELLE

SoMMAiHE : L — Coup d'œil général sur Cauchon. — Sa naissance. — Ses débuts universitaires. — Missions confiées. — Lancé dans la politique. — Banni et proscrit en 1413 comme Gabochien. — Réfugié auprès de Jean sans Peur, député par lui à Constance pour y défendre les doctrines du t}Tannicide. — Reparaît à Paris durant les massacres de 1418, est récompensé. — Son influence dans l'Université : est délégué à Troyes. — Porté par la faction anglo-bourguignonne à Févèché-pairie de Beauvais. — Se montre zélé jusqu'à la cruauté pour le parti anti-national. — Comblé de faveurs par les Anglais. — Membre du conseil royal, intervient dans toutes les grandes missions. — Chargé de réduire la vallée de la Meuse. — D'accord avec l'Université.

— Conservateur élu de ses privilèges. — Expulsé de Beauvais. — Grand négociateur de Tachât de la Pucelle. — Son assassin. — Ses précautions pour se couvrir.

— Toujours en faveur auprès de l'Université. — Apparaît à Bàle; excommunié. — Député à Arras. Expulsé de Paris. — Conser>'e les faveurs de l'Anglais. — Sa mort.

— Ses libéralités. — Ses restes.

IL — Thomas Courcelles, bras droit de Cauchon à Rouen. — Ce qu'il y a fait. — Recteur, gourmande Cauchon de ses lenteurs. — Dépose à la réhabilitation. — Père des libertés gallicanes. — Ame du brigandage de Bàle. — Comment Rome acceptait les libertés gallicanes. — Ce que Courcelles a entendu à Mantoue de la bouche de Pie IL — L'attitude de Courcelles et de son école jugée par Pie II. — Pourquoi l'Université était si attachée à la Pragmatique Sanction. — Momentanément abolie par Louis XL — Courcelles successivement dévoué aux Anglais et à Charles VQ.

— Combien Courcelles et ses semblables sont funestes dans l'Eglise. — Courcelles grand précurseur de Luther.

III. -— Erard : sa part dans l'assassinat de la Pucelle. — Faveur dont il jouissait dans l'Université. — Plusieurs fois recteur. — Combien animé contre Rome. — Sa part dans la condamnation de Jean Sarrazin. — Combien Anglais. —Nicolas Midi. — Le plus odieux des six docteurs mandés de Paris à Rouen. — Rédacteur présumé des XII articles, dernier insulteur de Jeanne. — Fauteur de Bàle. — Présumé Cabochien.

— En faveur auprès des Anglais. — Harangue Charles VII. — Beaupère principal interrogateur. — Combien partial. — En grande faveur auprès de ses collègues. — Son rôle à Bàle^ — Combien dévoué aux Anglais. — Sa déposition extra-canonique en 1450. — Jacques de Touraine, Gérard Feuillée, Pierre Maurice.

IV. — D'Estivet le promoteur. — Ses infamies dans le procès de Rouen. — Loyseleur plus infâme encore. — Ce qu'il a fait au procès. — Opposé à Rome, député à Bàle.

— Révoqué. — Sa mort. — Un coupable collectif, l'Université.

Tout s'unit pour inspirer Thorreur de celui qui depuis longtemps a été surnommé le Caïphe de la passion de la fiancée du Christ-Roi. La pro-

fanation d'un caractère éminemment saint, voué avant tout à la défense des petits et des simples : Thypocrisie sacrilège d'une procédure qui prétend être canonique, alors qu'elle est la barbarie et l'iniquité ; l'astuce raffinée du grand coupable que met en saillie l'innocence et la candeur de la victime; tout fait de Pierre Cauchon un des noms les plus hideux de riiisloire.

L'ambition créa le monstre ; monstre aux dehors polis, solennels, tels que savent les revêtir ceux qui, peu soucieux de la vertu, veulent cependant jouir des honneurs rendus à ceux qui trônent là où elle devrait s'asseoir. Cauchon occupa le siège de Beauvais, et mourut sur celui do Lisieux. La politique le poussa dans les hautes dignités ecclésiastiques ; il y vécut pour la politique, et mit au service de la politique des prérogatives concédées pour une autre fin.

Pierre Cauchon naquit à Reims d'une famille quïl vit probablement anoblir. L'assertion souvent répétée de Juvénal des Ursins, qui le fait naître d'un vigneron des environs de Reims, ne semble pas pouvoir subsister, en présence des preuves par lesquelles le grand généalogiste français, le P. Anselme, établit qu'il était fils d'un licencié es lois, maître Rémi Cauchon, auquel Charles VI concéda, en 1393, des lettres de noblesse. Sa mère s'appelait Jrpse Gibours^

Élève de l'Université de Paris, il en occupa de bonne heure la suprême magistrature, puisqu'il fut créé recteur en 1403. Honneur bien éphémère : la durée en était de trois mois seulement; il ne laissait pas que de poser celui qui en était investi. Cauchon, après la maîtrise es arts, s'appliqua à l'étude du droit canon, conquit le degré de licencié, et enseigna quelque temps cette partie de la science ecclésiastique. Il fallait que ses collègues lui reconnussent quelque supériorité, car on le trouve en 4407 et en 1409 député avec Gerson en Italie pour les affaires du schisme*.

La politique attirait surtout le licencié en décrets. Il fut grandement mêlé aux troubles cabochiens de 1412 et 1413; il devait être un des boute-feux. Ce qui le prouve, c'est que lorsque les Armagnacs revinrent au pouvoir, il fut un des quarante perturbateurs nommément proscrits. L'édit leur impute les troubles précédents, les qualifie de s(klitieux, do rebelles, de criminels de lèse-majesté ; ordonne à tous les officiers royaux de les appréhender comme traîtres, homicides, malfaiteurs, et de les envoyer au roi, pour qu'il en soit fait la justice qu'ils méritent '.

L'asile de Cauchon était tout préparé. Il se rendit auprès de celui

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