‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 109 sur 296 · LOUIS DE COUTES (F®‘ A LXXIV"^®, B 11 J, U · texte numérisé non relu

LOUIS DE COUTES (F®‘ A LXXIV"^®, B 11 J, U

C’est bien Louis de Coûtes, et non pas de Contes qu’il faut lire. Cela a été démontré avec un vrai luxe de preuves par Mme la chanoinesse Amicie de Villaret, une héraldiste distinguée, dont les sociétés savantes ont souvent couronné les travaux.

La noble dame fait longuement connaître la famille de Louis de Coûtes. Son père Minguet de Coûtes, capitaine de Châteaudun de 1404 à 1417, fut transféré au gouvernement de la ville et du comté de Blois en 1417 ; il

LOUIS DE COUTES

avait cessé d’exister en mai 1426*. Le religieux de Saint-Denys énumère parmi les défenseurs d’Harfleur en 1413 Minguei de Coûtes*. Il avait dû quitter momentanément la capitainerie de Châteaudun pour venir s’opposer à la descente du Lancastre envahisseur qui devait nous porter de si rudes coups. Donner pour page, à la Libératrice, le fils de ce vaillant défenseur de la première heure était une bonne inspiration. L’instrument du procès va nous faire encore mieux connaître Louis de Coûtes.

Noble prud’homme, Louis de Coûtes, écuyer, seigneur de Novyon et de Beugles, âgé de quarante-deux ans environ, a été produit comme témoin, a été admis à prêter serment, et a été interrogé sur les articles présentés en ce procès pour nullité, le 3 avril après Pâques {à Paris).

Aux questions posées sur les quatre premiers articles, à l’exclusion des autres sur lesquels il ne sait rien, il a déposé sous la foi de son serment ainsi quïl suit :

J’avais de quatorze à quinze ans lorsque Jeanne vint auprès du roi à Chinon ; j'étais attaché au service du seigneur de Gaucourt, capitaine dudit lieu de Chinon, où je demeurais. Deux hommes accompagnaient Jeanne lors de sa venue à Chinon. Elle fut conduite vers le roi, et je la vis souvent aller et venir vers lui. On lui assigna pour demeure une tour du château du Cotildray’^. Je suis resté avec Jeanne dans cette tour, tout le temps qu elle y a séjourné ; j’y passais toutes les journées, mais la nuit c’étaient des femmes qui venaient me remplacer. Je me souviens fort bien qu’au temps où elle était dans la tour du Coudray, des hommes de grand état venaient, durant plusieurs jours, s’entretenir avec elle. J’ignore ce qu'ils faisaient ou ce qu’ils disaient, car à leur approche je m’écartais; je ne sais même pas quels étaient ces hommes.

Dans le temps où Jeanne et moi étions dans la tour, j’ai vu bien souvent Jeanne à genoux, en prières à ce qu’il me paraissait; je ne pus cependant jamais rien apercevoir de ce qu’elle disait ; quelquefois elle pleurait.

Ensuite Jeanne fut conduite à la ville de Poitiers, et plus tard à Tours, où elle logea dans la maison d’une femme nommée La Pau\ A Tours, le

1. Louis de Coûtes^ page de Jeanne d'Arc, par Amicie de Foulques de Villaret, une brochure extraite du tome XXII des Mémoires de la Soc. archéoL de V Orléanais.

Page 1