‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 71 sur 296 · MAITRE JEAN BARBIN (F®* A LXXVI ; B 114, U · texte numérisé non relu

MAITRE JEAN BARBIN (F®* A LXXVI ; B 114, U

Maître Jean Barbin fut un des plus célèbres avocats de son temps. En U32 il succédait comme avocat général dans les causes civiles à Juvénal des Ursins qui, archevêque de Reims, présidait la commission devant laquelle maître Barbin fit sa déposition à Paris, le 30 avril 1456. Il suffit d’ouvrir les registres du Parlement dans les dernières années de sa résidence à Poitiers, et ensuite dans sa réintégration à Paris, pour y trouver dans

maintes pages les noms de maître Barbin et de maître Rabateau'. Cest donc un éminent homme de lois qui va rendre témoignage à la Vénérable.

Vénérable et docte personne, maître Jean Barbin, docteur ès lois, avocat du roi notre sire dans sa cour du Parlement. Age : cinquante ans. Cité et venu devant les seigneurs susdits, il a prété serment, a été examiné. Il a déclaré n’ôlre en état de répondre que sur les quatre premiers articles*; il Ta fait en ces termes sous la foi de son serment:

J’étais à Poitiers lorsque Jeanne arriva vers le roi à Chinon. J’ouïs dire que de prime abord le roi ne voulut en faire aucun cas {noluit adhibevp fidem) ; il exigea qu’elle fût avant tout examinée par les clercs ; et, ainsi que je l’ai appris, il envoya au pays d’origine pour savoir d’où elle venait.

Jeanne fut dirigée, pour y être examinée, sur Poitiers où je me trouvais alors, et c'est là que je la connus pour la première fois. A son arrivée, elle fut reçue dans la maison de maître Jean Rabateau. Pendant qu’elle y demeurait, j’entendis la dame dudit Rabateau affirmer que chaque jour après le repas elle passait un long temps à genoux, et aussi la nuit. Souvent elle entrait dans une petite chapelle qui était dans la maison, et y demeurait beaucoup de temps en prières*. Elle fut visitée par de nombreux clercs, par maître Pierre de Versailles, professeur de sacrée théologie, à sa mort évêque de Meaux, par maître Guillaume Aymeri, lui aussi professeur de sacrée théologie, par d’autres gradués en théologie, qui l’interrogèrent tant qu’ils voulurent.

J’ai entendu, moi qui vous parle, ces mêmes docteurs dire qu’ils l’avaient sondée, et lui avaient fait de nombreuses questions, auxquelles elle répondait avec beaucoup de sagesse, comme l’aurait fait un bon clerc. Ils étaient émerveillés de ses réponses, et croyaient, vu sa vie et sa conduite, que c’était l’effet d’une assistance divine.

Les examens et les interrogatoires terminés, la conclusion finale des clercs fut qu’il n’y avait rien de mal en elle, rien de contraire à la foi catholique, et qu’attendu la nécessité du roi et du royaume, alors que le roi et les sujets de son obéissance, réduits au désespoir, n’avaient aucune espérance de secours sinon celui que Dieu pouvait leur envoyer, ils croyaient que le roi pouvait s’en aider.

Page 1